Frise chronologique
XVIe siècle
Construction de la croix
Construction de la croix
XVIe siècle (≈ 1650)
Datation par les éléments décoratifs gothiques.
Période révolutionnaire (fin XVIIIe siècle)
Renversement et remplacement inversé
Renversement et remplacement inversé
Période révolutionnaire (fin XVIIIe siècle) (≈ 1895)
Crucifix tourné vers le levant.
Après 1907
Modification de l’orientation
Modification de l’orientation
Après 1907 (≈ 1907)
Nouveau changement non documenté.
17 juillet 1908
Classement monument historique
Classement monument historique
17 juillet 1908 (≈ 1908)
Protection officielle de l’État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix de cimetière, en pierre, du XVIe siècle : classement par arrêté du 17 juillet 1908
Personnages clés
| Léo Drouyn - Historien et archéologue |
A documenté l’inversion post-révolutionnaire. |
| Saint Roch - Patron de la paroisse |
Représenté avec bourdon et chien. |
| Saint Sulpice - Saint local en costume d’évêque |
Sculpté en bas-relief sur le fût. |
Origine et histoire
La croix de cimetière de Saint-Sulpice-et-Cameyrac, classée au titre des monuments historiques depuis le 17 juillet 1908, date du XVIe siècle. Elle se trouve à droite de l’entrée ouest de l’église du village, sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Son architecture combine un socle hexagonal à trois marches, un fût rond orné de quatre statuettes en bas-relief (Saint Sulpice, Saint Roch, Saint Antoine et Saint Michel), et une croix gothique richement décorée. Les faces représentent une Notre-Dame-de-Piété et un crucifix, ce dernier ayant été inversé après la Révolution française, tournant désormais vers le levant au lieu du couchant, comme le voulait la tradition médiévale.
Pendant la Révolution, la croix fut renversée, puis redressée à l’envers, modifiant son orientation symbolique. Ce détail historique est confirmé par Léo Drouyn, qui souligne cette particularité post-révolutionnaire. Les éléments décoratifs, comme les accolades et les clochetons, ainsi que les niches abritant les statuettes, permettent de dater l’ensemble de la première moitié du XVIe siècle. Après 1907, une nouvelle modification de son orientation fut enregistrée, bien que les sources ne précisent pas les raisons de ce changement.
La croix est un exemple remarquable de l’art religieux gothique tardif en Nouvelle-Aquitaine. Son iconographie reflète les dévocions locales, avec Saint Roch, patron de la paroisse, représenté avec ses attributs traditionnels (bourdon, chien et ange). Saint Michel terrassant le dragon et Saint Antoine, avec sa clochette, complètent ce programme sculptural. Le monument, propriété de la commune, illustre aussi les bouleversements subis par le patrimoine religieux pendant les périodes de crise politique, comme la Révolution.
Architecturalement, le socle carré à la base devient octogonal en hauteur, supportant un fût cylindrique flanqué de pilastres. Cette structure, typique des croix hosannières ou de cimetière de la région, servait à la fois de repère funéraire et de support pour les processions. La comparaison avec la croix de Saillans, mentionnée dans les sources, suggère une filiation stylistique entre ces monuments girondins. Aujourd’hui, la croix reste un témoignage tangible des pratiques religieuses et artistiques de la Renaissance en Aquitaine.