Frise chronologique
Moyen Âge (XIIe-XVIe siècle)
Période des croix hosannières
Période des croix hosannières
Moyen Âge (XIIe-XVIe siècle) (≈ 1125)
Apogée de ce type de monument.
XVIIe siècle
Construction du socle
Construction du socle
XVIIe siècle (≈ 1750)
Socle ancien érigé, base de la croix.
1914
Disparition des rituels d'hosanne
Disparition des rituels d'hosanne
1914 (≈ 1914)
Fin des dépôts de buis en Limousin.
Début XXe siècle
Restauration de la colonne
Restauration de la colonne
Début XXe siècle (≈ 2004)
Ajout de la colonne et du Christ.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le socle (cad. B 170) : inscription par arrêté du 22 février 1927
Personnages clés
| Inconnu (artisan local) - Sculpteur présumé du socle |
Auteur probable du socle ancien, non identifié. |
| Communauté paroissiale de Saint-Adrien - Commanditaire de la restauration |
Finance la colonne au XXe siècle. |
| Louis Le Guennec - Dessinateur de croix bretonnes |
A documenté des croix similaires en Finistère. |
Origine et histoire
La Croix de Saint-Adrien est une croix monumentale située dans le cimetière de la commune éponyme, en Bretagne. Datant partiellement du XVIIe siècle pour son socle, elle a été complétée au début du XXe siècle par une colonne et un Christ en croix, reflétant une tradition architecturale funéraire propre à l’Ouest de la France. Ces croix, souvent appelées hosannières, servaient de repère sacré dans les cimetières et marquaient l’emplacement d’ossuaires ou de fosses communes.
Le terme hosannière trouve son origine dans l’exclamation liturgique Hosanna, utilisée lors du dimanche des Rameaux au Moyen Âge. Ces édifices, dépourvus de système d’éclairage contrairement aux lanternes des morts, étaient érigés entre les XIIe et XVIe siècles, avec une concentration notable en Bretagne, Normandie et Poitou. Leur forme monumentale, pouvant atteindre dix mètres, reposait sur un gradin circulaire en pierre, symbolisant la transition entre le monde des vivants et celui des morts.
Le socle de la croix de Saint-Adrien, plus ancien, pourrait remonter à une période antérieure à la Révolution française, tandis que la partie supérieure a été restaurée ou remplacée au XXe siècle, probablement en raison de dégradations liées au temps ou aux conflits. Cette pratique de rénovation était courante pour préserver le caractère sacré de ces monuments, souvent associés à des rituels locaux comme le dépôt de buis bénit (hosanne) lors des fêtes pascales. En Bretagne, ces croix jouaient un rôle central dans les processions religieuses et les commémorations des défunts.
Celle de Saint-Adrien, bien que moins connue que d’autres exemplaires comme celles de Locronan ou de Guémené-sur-Scorff, illustre l’ancrage profond du christianisme dans les campagnes bretonnes. Son emplacement dans le cimetière renforce son lien avec les pratiques funéraires traditionnelles, où elle servait de point de rassemblement pour les prières et les hommages. Aujourd’hui, la Croix de Saint-Adrien constitue un patrimoine local protégé, bien que non classée Monument Historique.
Elle témoigne de l’évolution des pratiques religieuses et architecturales en Bretagne, entre héritage médiéval et adaptations modernes. Son état de conservation et son intégration dans le paysage du cimetière en font un élément marquant du petit patrimoine rural breton, souvent méconnu mais essentiel pour comprendre l’histoire locale. Comme beaucoup de croix hosannières, celle de Saint-Adrien pourrait avoir été associée à des légendes ou des croyances populaires, telles que la protection contre les épidémies ou les malédictions.
Ces récits, transmis oralement, renforçaient le caractère sacré du monument et son rôle dans la vie communautaire. Aujourd’hui, elle reste un symbole de la mémoire collective, invitant à la réflexion sur la mort et la spiritualité dans les sociétés rurales d’autrefois. Enfin, la Croix de Saint-Adrien s’inscrit dans un réseau plus large de croix monumentales bretonnes, souvent étudiées pour leur iconographie et leur symbolisme.
Bien que moins ornées que certaines croix nimbées de Normandie ou d’Auvergne, ces structures partagent une fonction commune : marquer l’espace sacré et rappeler aux vivants la présence des défunts. Leur préservation participe à la sauvegarde d’un patrimoine immatériel tout aussi précieux que les pierres elles-mêmes.