Frise chronologique
XVIe siècle (ou début XVIIe)
Construction initiale
Construction initiale
XVIe siècle (ou début XVIIe) (≈ 1615)
Érection de la croix, style Renaissance.
1800–1899
Restauration et remplacement
Restauration et remplacement
1800–1899 (≈ 1850)
Remise en place après réparations.
29 décembre 1978
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
29 décembre 1978 (≈ 1978)
Protection officielle par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix de chemin : classement par arrêté du 29 décembre 1978
Personnages clés
| Information non disponible - Donateur anonyme |
Membre présumé d’une secte ou confrérie. |
Origine et histoire
La Croix de Targnat, située à Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, est une croix de chemin datant du XVIe siècle, voire du début du XVIIe. Ce monument historique se distingue par sa structure architecturale complexe : un piédestal cubique surmonté d’un socle octogonal, orné de moulures prismatiques. Le fût, cylindrique et doté de contreforts, supporte une croix aux bras terminés par des motifs végétaux stylisés et un nimbe ajouré entourant des sculptures religieuses, dont un Christ en croix et une Pietà. Une inscription hermétique sur un écu suggère un lien avec une confrérie de marchands ou une secte, bien que son sens exact reste énigmatique.
La croix aurait été détruite pendant la Révolution française, puis restaurée et replacée au XIXe siècle. Son iconographie et ses symboles, comme les chiffres inversés de l’écu, reflètent des influences mystiques ou professionnelles propres à son époque. Classée Monument Historique en 1978, elle appartient aujourd’hui à la commune de Saint-Beauzire et témoigne des pratiques religieuses et artisanales locales entre Renaissance et époque moderne.
Le caractère unique de la Croix de Targnat réside aussi dans son état de conservation et ses détails sculpturaux, comme la fleur centrale aux pétales aplatis ou le nimbe polylobé. Ces éléments artistiques, combinés à son histoire mouvementée, en font un exemple remarquable du patrimoine religieux rural d’Auvergne. Son emplacement actuel, près de la route départementale 78, rappelle son rôle originel de repère spirituel et culturel pour les voyageurs et les habitants.
Les croix de chemin, comme celle de Targnat, servaient à la fois de marqueurs géographiques et de supports de dévotion. Leur érection était souvent financée par des donateurs locaux, parfois membres de confréries ou de guildes marchandes, comme le suggère l’écu mystérieux de ce monument. Ces structures jouaient un rôle social en fédérant les communautés autour de symboles partagés, tout en affichant le statut ou les croyances de leurs mécènes.
La période de construction de la croix, aux XVIe–XVIIe siècles, correspond à une époque de profondes mutations en Auvergne : développement du commerce, influence croissante des idées humanistes et réformées, mais aussi persistance des traditions médiévales. Les sculptures allégoriques ou hermétiques, comme celles présentes ici, pouvaient refléter des tensions entre foi officielle et pratiques ésotériques, courantes dans les milieux artisanaux ou marchands de l’époque.