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Crypte de Bourgmoyen à Blois dans le Loir-et-Cher

Crypte de Bourgmoyen

    6 Place Louis XII
    41000 Blois
Propriété de la commune

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
696
Fondation mérovingienne
Xe siècle (vers 1000)
Construction de la crypte
1105
Attestation épiscopale
1122
Réforme augustinienne
XIVe siècle
Fortification de l’abbaye
1790
Dissolution révolutionnaire
1806
Démolition de l’église
1940
Destruction par bombardements
1945
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Crypte de Bourgmoyen : inscription par arrêté du 11 juillet 1945

Personnages clés

Comte de Blois (fin Xe siècle) - Commanditaire présumé Restauration de l’abbaye et construction.
Jean I de Blois-Châtillon - Comte de Blois (XIIIe s.) Ordonne la construction d’un nouvel édifice.
Henri Petit de Villanteuil - Premier maire élu de Blois Supervise la vente des biens abbatiaux.
Guillon - Entrepreneur blésois Détruit l’église en 1806 pour récupérer.
Augustin Thierry - Historien local Collège nommé en son honneur.

Origine et histoire

La crypte de Bourgmoyen est le dernier vestige de l’abbaye Notre-Dame de Blois, fondée au VIIe ou XIe siècle sur l’emplacement d’un monastère mérovingien dédié à la Vierge Sainte-Marie. L’édifice roman, attestée en 1105, abritait initialement des chanoines séculiers, remplacés en 1122 par des chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin. La crypte, semi-enterrée à l’origine, fut intégrée à une église en forme de croix latine, dotée d’un clocher-porche et d’une voûte en berceau de dix mètres de haut. Son architecture sobre, marquée par des murs épais et des ouvertures étroites, reflète les techniques constructives de l’an mil.

Au XIIe siècle, l’abbaye fut reconstruite en style gothique tout en conservant la crypte, qui devint souterraine. Fortifiée au XIVe siècle avec une muraille crénelée et des tours, elle subit des destructions partielles pendant les guerres de Religion. Au XVIIIe siècle, des projets de reconstruction restèrent inachevés avant la dissolution de l’abbaye en 1790. La crypte, redécouverte en 1943 après les bombardements de 1940, révèle un plan rectangulaire à chevet plat, divisé en deux vaisseaux voûtés. Ses maçonneries alvéolées et ses pierres à larges joints, associées à des tuiles, confirment sa datation autour de l’an mille.

Classée monument historique en 1945, la crypte est aujourd’hui le seul témoignage visible de l’abbaye, dont les bâtiments furent démolis en 1806 pour aménager la place Louis XII. Les vestiges, situés sous l’ancien collège Augustin-Thierry (détruit en 1940), comprennent un autel massif, des banquettes de pierre et une piscine liturgique. Le site, désormais recouvert par un parking souterrain, conserve une plaque commémorative et l’odonyme rue du Bourg-Moyen, derniers hommages à ce patrimoine médiéval disparus.

L’abbaye de Bourgmoyen entretenait une rivalité historique avec d’autres communautés religieuses de Blois, comme l’abbaye Saint-Laumer, plus favorisée par les comtes et les rois. Cette compétition cessa avec la Révolution, lorsque les biens du clergé furent saisis et les édifices détruits ou réaffectés. La crypte, épargnée par les démolitions, offre un rare exemple d’architecture préromane en Val de Loire, marquée par des influences carolingiennes et une fonction à la fois religieuse et défensive.

Les fouilles de 1943 ont révélé des éléments liturgiques comme des placards à reliques et des colonnettes sculptées, témoignant de la richesse artistique de l’abbaye. La tour lanterne, remplacée plus tard par une flèche de charpente, illuminait autrefois le chœur, tandis que les jardins et le cimetière étaient protégés par une enceinte fortifiée. Aujourd’hui, la crypte, propriété de la commune, reste fermée au public, préservant un fragment méconnu du patrimoine blésois.

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