Propriété du département ; propriété de la commune ; propriété de l'Etat
39110 Salins-les-Bains, Ville
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1774
Décision de construction
Décision de construction 1774 (≈ 1774)
Projet de saline à Arc-et-Senans approuvé.
1775-1779
Construction de la saline
Construction de la saline 1775-1779 (≈ 1777)
Saline royale d’Arc-et-Senans édifiée.
1788
Remplacement des conduites
Remplacement des conduites 1788 (≈ 1788)
Sapin remplacé par fonte.
1982 et 2009
Classement UNESCO
Classement UNESCO 1982 et 2009 (≈ 2009)
Salines inscrites au patrimoine mondial.
29 décembre 2009
Inscription MH
Inscription MH 29 décembre 2009 (≈ 2009)
Vestiges du saumoduc protégés.
2013
Sentier touristique
Sentier touristique 2013 (≈ 2013)
Ouverture du sentier des gabelous.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ouvrages maçonnés subsistants du saumoduc, à savoir : la cuvette de Monplaisir (cad. Salins-les-Bains, non cadastrée, dans l'emprise de la RD 472, section OA, à l'est de la parcelle OA 177) ; la cuvette de Perrichon (cad. Port-Lesney AC 288) ; le passage sous la route de Lyon (cad. Rennes-sur-Loue (25) , non cadastré, dans l'emprise de la RN 83, section ZD, près du pont sur la Furieuse, à la limite avec la commune de Grange-de-Vaivre) : inscription par arrêté du 29 décembre 2009
Personnages clés
Denis François Dez - Géomètre
Concepteur des plans du saumoduc.
Claude-Nicolas Ledoux - Architecte
Auteur de la saline d’Arc-et-Senans.
Gabelous - Douaniers du sel
Contrôlaient le saumoduc contre les vols.
Origine et histoire de la Cuvette de Monplaisir
Le saumoduc de Salins-les-Bains, construit à la fin du XVIIIe siècle, était un ouvrage hydraulique conçu pour transporter la saumure sur 21 km, depuis les salines de Salins-les-Bains (Jura) jusqu’à la saline royale d’Arc-et-Senans (Doubs). Ce projet, initié pour pallier l’absence de sources salées à Arc-et-Senans, fut réalisé selon les plans du géomètre Denis François Dez. La saumure, extraite des salines de Salins, était acheminée via deux conduites parallèles – l’une pour la grande saline, l’autre pour la petite saline – initialement en sapin, puis remplacées par de la fonte en 1788 pour limiter les pertes.
Le tracé du saumoduc suivait les cours d’eau de la Furieuse et de la Loue, traversant des communes comme Rennes-sur-Loue et Port-Lesney. Pour sécuriser le transport, six maisons de contrôle furent érigées le long du parcours, où des gabelous (douaniers du sel) mesuraient quotidiennement le débit et la concentration en sel. Ces postes, appelés chemin des gabelous, visaient à lutter contre les faux-sauniers, qui perçaient les canalisations pour voler la saumure. Un bâtiment de graduation de 500 m, près de la rivière, permettait de concentrer la saumure avant son stockage dans un réservoir de 900 m3.
Parmi les vestiges encore visibles, la cuvette de Monplaisir (Salins-les-Bains) est une pièce voûtée avec quatre ouvertures (deux arrivées, deux départs), tandis que la cuvette de Perrichon (Port-Lesney) et le passage sous la route de Lyon (Rennes-sur-Loue) montrent des structures maçonnées partiellement modifiées. Les conduites en fonte furent démantelées pendant la Première Guerre mondiale pour fournir du métal aux usines d’armement. Depuis 2009, ces vestiges sont inscrits aux monuments historiques, et un sentier touristique, le sentier des gabelous, retrace leur histoire depuis 2013.
Les deux salines (Salins-les-Bains et Arc-et-Senans) sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO (1982 et 2009), soulignant leur importance dans l’histoire industrielle et architecturale de la Franche-Comté. Le saumoduc, enterré pour éviter le gel et le vol, illustre les défis techniques et logistiques de l’époque, où l’on préférait faire voyager l’eau salée plutôt que transporter une forêt, comme l’écrivit l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, concepteur de la saline d’Arc-et-Senans.