Propriété du département ; propriété de la commune ; propriété de l'Etat
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1774
Décision de construction
Décision de construction 1774 (≈ 1774)
Décision de construire une nouvelle saline à Arc-et-Senans.
1775-1779
Construction de la saline
Construction de la saline 1775-1779 (≈ 1777)
Construction de la saline royale d'Arc-et-Senans.
1788
Remplacement des conduites
Remplacement des conduites 1788 (≈ 1788)
Remplacement des conduites en sapin par des tuyaux en fonte.
1914-1918
Démantèlement des conduites
Démantèlement des conduites 1914-1918 (≈ 1916)
Les conduites en fonte furent déposées pour fournir du métal aux fabriques d'obus.
1991
Protection du bâtiment
Protection du bâtiment 1991 (≈ 1991)
Le bâtiment de graduation est protégé depuis 1991.
2009
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 2009 (≈ 2009)
Fragments de conduite et ouvrages maçonnés inscrits aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ouvrages maçonnés subsistants du saumoduc, à savoir : la cuvette de Monplaisir (cad. Salins-les-Bains, non cadastrée, dans l'emprise de la RD 472, section OA, à l'est de la parcelle OA 177) ; la cuvette de Perrichon (cad. Port-Lesney AC 288) ; le passage sous la route de Lyon (cad. Rennes-sur-Loue (25) , non cadastré, dans l'emprise de la RN 83, section ZD, près du pont sur la Furieuse, à la limite avec la commune de Grange-de-Vaivre) : inscription par arrêté du 29 décembre 2009
Personnages clés
Dez
Géomètre ayant dressé les plans du saumoduc.
Origine et histoire de la Cuvette de Monplaisir
Le saumoduc de Salins‑les‑Bains à Arc‑et‑Senans est une conduite longue d'environ 21 kilomètres, conçue à la fin du XVIIIe siècle pour acheminer la saumure de la saline de Salins‑les‑Bains vers la saline royale d'Arc‑et‑Senans. La construction d'une nouvelle saline à Arc‑et‑Senans fut décidée en 1774 et réalisée entre 1775 et 1779 pour profiter de la proximité de la forêt de Chaux pour le bois de chauffage. N'ayant pas de source salée, la saline d'Arc‑et‑Senans fut reliée à Salins par un saumoduc dont les plans furent dressés par le géomètre Dez. Le tracé, qui partait du centre de Salins‑les‑Bains et suivait la Furieuse puis la Loue, passait notamment par Rennes‑sur‑Loue et Port‑Lesney avant d'atteindre Arc‑et‑Senans. Le réseau comportait deux conduites distinctes, l'une pour la grande saline et l'autre pour la petite, enterrées pour éviter le gel et les prélèvements clandestins. À l'origine, ces conduites étaient réalisées à partir de troncs de sapin creusés et taillés en tenons pour s'emboîter ; elles furent remplacées à partir de 1788 par des tuyaux en fonte en raison des pertes de charge. La canalisation descendait d'environ 104 à 109 mètres et transportait jusqu'à 135 000 litres de saumure par jour vers le bâtiment de graduation de la saline de Chaux. Ce bâtiment de graduation, long de 500 mètres, concentrait la saumure pour économiser le bois de chauffage et la stockait ensuite dans un réservoir de 900 m3. Six maisons de contrôle, appelées postes de gabelous, furent installées le long du tracé — à Pont‑d'Oroz, Montplaisir, Saint‑Benoît, La Chapelle, Perrichon et Champagne — pour mesurer le débit et la teneur en sel et lutter contre le « faux‑saunage ». Les valeurs relevées chaque samedi étaient centralisées à la saline et permettaient de contrôler le mouvement de la marchandise. Pendant la Première Guerre mondiale, les conduites en fonte furent déposées pour fournir du métal aux fabriques d'obus. Aujourd'hui, des fragments de conduite subsistent, de même que quelques ouvrages maçonnés inscrits aux monuments historiques le 29 décembre 2009 et, pour le bâtiment de graduation, protégés depuis 1991. Parmi les vestiges visibles figurent la cuvette dite de Montplaisir, bien conservée et voûtée, avec deux bouches d'arrivée et deux bouches de départ, la cuvette de Perrichon, abritée dans un petit bâtiment tuilé qui ne laisse plus voir d'éléments techniques, et le passage sous la route de Lyon à Rennes‑sur‑Loue, dont une partie de voûte est d'origine tandis qu'une autre a été refaite plus bombée. Les deux salines de Salins‑les‑Bains et d'Arc‑et‑Senans figurent par ailleurs sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (inscriptions en 1982 et 2009). Le tracé a été valorisé à des fins touristiques : en 2013 les communautés de communes et le réseau des musées des techniques et cultures comtoises ont aménagé le sentier des Gabelous, ponctué de quinze panneaux d'information munis de QR codes.