Première mention d'un ouvrage XIIe siècle (≈ 1250)
Ouvrage de défense attesté sur la pointe.
1694
Aménagements de Vauban
Aménagements de Vauban 1694 (≈ 1694)
Batterie basse et signal installés.
1812
Construction de la tour-modèle no 3
Construction de la tour-modèle no 3 1812 (≈ 1812)
Tour d'artillerie pour 12 à 18 hommes.
1848
Construction du phare
Construction du phare 1848 (≈ 1848)
Phare toujours en activité aujourd’hui.
1883-1899
Modernisation des batteries
Modernisation des batteries 1883-1899 (≈ 1891)
Canons de 16 cm, 19 cm et 24 cm installés.
1949
Construction du sémaphore
Construction du sémaphore 1949 (≈ 1949)
Site militaire actuel de la Marine nationale.
2013
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 2013 (≈ 2013)
Protection de la tour et de ses remparts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble défensif formé par la tour-modèle de type 1811, ses murs de défense, le mur d'escarpe et leurs fossés, en totalité (cad. CM 2 à 4) : classement par arrêté du 25 avril 2013
Personnages clés
Vauban - Ingénieur militaire
A conçu la batterie basse (1694).
De Caux - Cartographe militaire
Mentionne la batterie dans l’Atlas (1784).
Lieutenant du Génie Boüevec - Officier cartographe
Établit un plan détaillé (1818).
Origine et histoire des Défenses de la Pointe du Toulinguet
La pointe du Toulinguet, située à l’extrémité de la presqu’île de Crozon (Camaret-sur-Mer, Bretagne), est un site stratégique depuis le XIIe siècle. Son toponyme breton Toul inged (« trou du pluvier ») évoque une roche percée en mer. Au XVIIe siècle, Vauban y aménage une batterie basse, dont il ne subsiste qu’une plateforme difficilement identifiable. Le site abrite aussi un phare construit en 1848 et un sémaphore militaire (1949), toujours en activité aujourd’hui.
Au début du XIXe siècle, une tour-modèle no 3 (1812) est érigée selon les plans standardisés de 1811 pour abriter 12 à 18 soldats. Vers 1884, elle est renforcée par un mur d’enceinte avec fossé maçonné, formant un front défensif rectiligne. La tour, élevée sur trois niveaux, comprend une terrasse d’artillerie dallée de granit et des salles voûtées. Son entrée, initialement prévue au deuxième niveau avec un pont-levis, est modifiée vers 1884 pour un accès de plain-pied.
Les batteries côtières du Toulinguet, armées progressivement entre 1883 et 1899, abritent des canons de 16 cm, 19 cm, et 24 cm, ainsi que des mortiers. Leur rôle évolue avec les technologies militaires : défense du mouillage de Camaret, puis protection lointaine du goulet de Brest. En 1922, une partie de l’armement est jugée obsolète, mais le site reste stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la création de nouvelles batteries longue portée sur les pointes voisines.
Le site, classé Monument Historique en 2013, est aujourd’hui interdit d’accès en raison de son appartenance au domaine militaire de la Marine nationale. Il comprend également des vestiges préhistoriques, des magasins à poudre (1879 et 1890-1893), et des traces des sept batteries mentionnées sur le cadastre de 1831. La géologie locale, marquée par des grès armoricains et des failles hercyniennes, offre aussi un intérêt scientifique.
Un naufrage marquant a lieu près de la pointe le 8 août 1918 : le cargo britannique Swansea-Vale (1 310 tonneaux) heurte les roches du Trépied et coule entre le Toulinguet et le fort de Bertheaume. L’équipage parvient à évacuer à temps. Ce site illustre ainsi à la fois l’histoire militaire, maritime et géologique de la presqu’île de Crozon.