Frise chronologique
1688
Première mention sur les plans
Première mention sur les plans
1688 (≈ 1688)
Corps de logis et aile en retour visibles.
1718-1722
Agrandissement de l’aile droite
Agrandissement de l’aile droite
1718-1722 (≈ 1720)
Ajout d’une aile en retour.
1792
Cadran solaire daté
Cadran solaire daté
1792 (≈ 1792)
Symbole des adaptations post-révolutionnaires.
1790-an IX (1800-1801)
Transformations révolutionnaires
Transformations révolutionnaires
1790-an IX (1800-1801) (≈ 1795)
Prolongement sud-est et tour carrée ajoutés.
8 octobre 1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
8 octobre 1986 (≈ 1986)
Protection des stucs du premier étage.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pièce ornée de stucs au premier étage de l'aile nord (cad. E 775) : inscription par arrêté du 8 octobre 1986
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage cité |
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Origine et histoire
La demeure située au 19-25 rue des Gabarets à Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime) apparaît pour la première fois sur les plans de la ville en 1688, sous la forme d’un corps de logis accompagné d’une aile en retour. Ce bâtiment illustre l’urbanisme de l’île de Ré à la fin du XVIIe siècle, alors sous influence militaire et commerciale, la ville étant ceinturée par Vauban à partir de 1681.
Entre 1718 et 1722, une aile supplémentaire est ajoutée à droite du corps principal, reflétant l’expansion économique de la région, liée au commerce maritime et à la production de sel. Cette période correspond aussi à un embellissement des demeures bourgeoises, marquant le statut social de leurs propriétaires, probablement des négociants ou des officiers.
La demeure subit une dernière transformation majeure entre 1790 et l’an IX (1800-1801), avec la construction d’un prolongement au sud-est et l’ajout d’une tour carrée à l’arrière, caractéristique des adaptations architecturales post-révolutionnaires. Un cadran solaire daté de 1792, apposé sur la tour, témoigne de cette époque charnière. À l’intérieur, une pièce du premier étage conserve un ensemble de seize panneaux sculptés en bas-relief (vers 1790), représentant des trophées symbolisant la guerre, la chasse, l’amour, ou encore la musique, mêlés à des emblèmes révolutionnaires comme des bonnets phrygiens. Ces décors en stuc ou plâtre peint, typiques de l’art provincial du XVIIIe siècle, soulignent le syncrétisme entre tradition et modernité.
Classée Monument Historique par arrêté du 8 octobre 1986, la demeure est protégée pour sa pièce ornée de stucs, reflétant un patrimoine artistique rare. Son plan en U, avec une cour dallée à l’ouest et des ailes en retour, en fait un modèle d’habitation aisée de l’époque, adapté aux contraintes insulaires et aux aspirations esthétiques de ses occupants.
Saint-Martin-de-Ré, port stratégique et lieu de résidence pour les élites locales, concentrait alors des activités liées à la pêche, au cabotage, et à l’administration royale (puis révolutionnaire). Les demeures comme celle des Gabarets servaient à la fois de lieu de vie, de représentation sociale, et parfois de cadre pour des réunions liées aux affaires ou à la politique, dans une île marquée par son rôle de verrou militaire sur l’Atlantique.