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Demeure de maître de forges à Dampierre-sur-Salon en Haute-Saône

Patrimoine classé Patrimoine industriel Demeure de maître de forges

Demeure de maître de forges à Dampierre-sur-Salon

    31 Rue Carnot
    70180 Dampierre-sur-Salon
Propriété de la commune

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1420
Fondation présumée du site
1785
Construction de la demeure
1788
Production record de fonte
1862
Extinction du haut fourneau
1881
Conversion en quincaillerie
1993
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Demeure, y compris le puits avec son auge, la clôture de la cour sur rue avec le portail y compris les grilles, le mur de soutènement du jardin ainsi que l'accès souterrain à la cave, et les parcelles 84 et 88 (cad. AC 84, 88) : classement par arrêté du 17 décembre 1993

Personnages clés

Claude-François Rochet (1747-1814) - Maître de forges et commanditaire Constructeur de la demeure vers 1785
Claude-Pierre Dornier - Repreneure des forges en 1804 Modernise l’usine au XIXe siècle
Antoine Waltefaugle (1866-1931) - Industriel et homme politique Convertit le site en quincaillerie en 1881
Charles Couyba (pseudonyme Maurice Boukay) - Propriétaire vers 1909 Poète et chansonnier, donne son nom à l’espace actuel

Origine et histoire

La demeure de maître de forges de Dampierre-sur-Salon, construite vers 1785 par Claude-François Rochet (1747-1814), incarne le prestige des industriels locaux. Ce maître de forges, marié à Claude Françoise Faivre, dirigeait les forges de Dampierre et Baignes. L’édifice, en moellon de calcaire, combine rez-de-chaussée surélevé, étage carré et toit à croupes. Aucune archive ne révèle l’identité de son architecte.

Le site industriel, attesté dès 1420, connaît son apogée au XVIIIe siècle avec un haut fourneau produisant jusqu’à 900 milliers de fonte annuellement. Rochet y érige sa demeure patronale, symbole de son pouvoir économique. Après sa mort, l’usine passe à Claude-Pierre Dornier en 1804, puis à la société Dufournel au XIXe siècle, avant l’extinction du haut fourneau en 1862.

Transformée en fabrique de quincaillerie par Antoine Waltefaugle en 1881, l’usine diversifie sa production (étiquettes métalliques, charpentes) sous ses descendants. La demeure, classée monument historique en 1993, devient propriété communale sous le nom d’Espace Couyba, rendant hommage à Charles Couyba (1866-1931), homme politique et poète ayant possédé les lieux vers 1909. Aujourd’hui, elle accueille une école de musique.

Les bâtiments industriels, modernisés au XXe siècle (halles de 1969, ateliers de 1973), témoignent de l’évolution technique du site. La production annuelle atteint 13 800 tonnes d’acier en 2007. Malgré la destruction de logements ouvriers dans les années 1990, le puits, la clôture en fer forgé et les dépendances en L subsistent, protégés par le classement de 1993.

Le site, alimenté par la rivière Salon, utilise successivement roue hydraulique (1889), turbine (1910) et électricité (1946). Son développement reflète les mutations économiques locales : de la métallurgie traditionnelle à la construction métallique exportée dans les années 1980. L’usine, étendue sur 450 000 m2 dont 40 000 couverts, emploie jusqu’à 272 personnes en 1990.

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