Frise chronologique
vers 1420
Fondation présumée du site
Fondation présumée du site
vers 1420 (≈ 1420)
Mention d’un haut fourneau ancien
1785
Construction de la demeure
Construction de la demeure
1785 (≈ 1785)
Par Claude-François Rochet, maître de forges
1788
Production record de fonte
Production record de fonte
1788 (≈ 1788)
900 milliers de fonte annuels
1862
Extinction du haut fourneau
Extinction du haut fourneau
1862 (≈ 1862)
Fin de la métallurgie traditionnelle
1881
Conversion en quincaillerie
Conversion en quincaillerie
1881 (≈ 1881)
Par Antoine Waltefaugle
1993
Classement monument historique
Classement monument historique
1993 (≈ 1993)
Protection de la demeure et dépendances
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Demeure, y compris le puits avec son auge, la clôture de la cour sur rue avec le portail y compris les grilles, le mur de soutènement du jardin ainsi que l'accès souterrain à la cave, et les parcelles 84 et 88 (cad. AC 84, 88) : classement par arrêté du 17 décembre 1993
Personnages clés
| Claude-François Rochet (1747-1814) - Maître de forges et commanditaire |
Constructeur de la demeure vers 1785 |
| Claude-Pierre Dornier - Repreneure des forges en 1804 |
Modernise l’usine au XIXe siècle |
| Antoine Waltefaugle (1866-1931) - Industriel et homme politique |
Convertit le site en quincaillerie en 1881 |
| Charles Couyba (pseudonyme Maurice Boukay) - Propriétaire vers 1909 |
Poète et chansonnier, donne son nom à l’espace actuel |
Origine et histoire
La demeure de maître de forges de Dampierre-sur-Salon, construite vers 1785 par Claude-François Rochet (1747-1814), incarne le prestige des industriels locaux. Ce maître de forges, marié à Claude Françoise Faivre, dirigeait les forges de Dampierre et Baignes. L’édifice, en moellon de calcaire, combine rez-de-chaussée surélevé, étage carré et toit à croupes. Aucune archive ne révèle l’identité de son architecte.
Le site industriel, attesté dès 1420, connaît son apogée au XVIIIe siècle avec un haut fourneau produisant jusqu’à 900 milliers de fonte annuellement. Rochet y érige sa demeure patronale, symbole de son pouvoir économique. Après sa mort, l’usine passe à Claude-Pierre Dornier en 1804, puis à la société Dufournel au XIXe siècle, avant l’extinction du haut fourneau en 1862.
Transformée en fabrique de quincaillerie par Antoine Waltefaugle en 1881, l’usine diversifie sa production (étiquettes métalliques, charpentes) sous ses descendants. La demeure, classée monument historique en 1993, devient propriété communale sous le nom d’Espace Couyba, rendant hommage à Charles Couyba (1866-1931), homme politique et poète ayant possédé les lieux vers 1909. Aujourd’hui, elle accueille une école de musique.
Les bâtiments industriels, modernisés au XXe siècle (halles de 1969, ateliers de 1973), témoignent de l’évolution technique du site. La production annuelle atteint 13 800 tonnes d’acier en 2007. Malgré la destruction de logements ouvriers dans les années 1990, le puits, la clôture en fer forgé et les dépendances en L subsistent, protégés par le classement de 1993.
Le site, alimenté par la rivière Salon, utilise successivement roue hydraulique (1889), turbine (1910) et électricité (1946). Son développement reflète les mutations économiques locales : de la métallurgie traditionnelle à la construction métallique exportée dans les années 1980. L’usine, étendue sur 450 000 m2 dont 40 000 couverts, emploie jusqu’à 272 personnes en 1990.