Frise chronologique
1774
Achat du domaine
Achat du domaine
1774 (≈ 1774)
Monville acquiert 13 hectares à Saint-Jacques-de-Retz.
1775
Début des constructions
Début des constructions
1775 (≈ 1775)
Temple au dieu Pan et aménagements paysagers.
1781
Colonne détruite édifiée
Colonne détruite édifiée
1781 (≈ 1781)
Devenue résidence principale de Monville.
1785
Plan définitif publié
Plan définitif publié
1785 (≈ 1785)
20 fabriques sur 38 hectares (Lerouge).
1941
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1941 (≈ 1941)
Protection grâce à Moreux et Colette.
2007
Rétrocession à Chambourcy
Rétrocession à Chambourcy
2007 (≈ 2007)
17 hectares cédés pour un euro symbolique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Domaine dit Désert de Retz avec les divers bâtiments disséminés dans le parc : classement par décret du 9 avril 1941
Personnages clés
| François-Nicolas-Henri Racine de Monville - Créateur du Désert de Retz |
Aristocrate, maître d’œuvre du jardin. |
| Georges-Louis Lerouge - Éditeur du plan |
Publie le plan définitif en 1785. |
| Colette - Défenseure du site |
Contribue au classement en 1941. |
| Jean-Charles Moreux - Architecte et protecteur |
Impliqué dans la sauvegarde du monument. |
| Frédéric Mitterrand - Ministre de la Culture |
Inaugure la réouverture en 2009. |
| Marie-Antoinette - Visiteuse illustre |
Fréquente le domaine à partir de 1781. |
Origine et histoire
Le Désert de Retz est un jardin anglo-chinois conçu à la fin du XVIIIe siècle par François-Nicolas-Henri Racine de Monville, aristocrate passionné d’art et de botanique. Situé à Chambourcy dans les Yvelines, ce domaine de 38 hectares (aujourd’hui réduit à 17) se distingue par ses dix-sept fabriques – constructions pittoresques comme la Colonne détruite ou la Maison chinoise – et ses essences exotiques. Le terme Désert évoque alors un lieu de retraite solitaire, loin des conventions sociales, inspiré par les jardins philosophiques du siècle des Lumières.
Le site tire son nom de Barthélemy de Roye (ou de Retz), ancien seigneur local et chambrier de Philippe-Auguste, fondateur de l’abbaye de Joyenval. Acquis en 1774 par Monville, le domaine est aménagé entre 1775 et 1785, avec des constructions comme le Temple au dieu Pan (1775), la Colonne détruite (1781, devenue sa résidence), ou la Glacière pyramide. Le plan définitif, publié par Georges-Louis Lerouge en 1785, révèle une vingtaine de fabriques disséminées dans un paysage savamment composé, mêlant références antiques, orientales et maçonniques.
Classé Monument Historique en 1941 grâce à l’action de Jean-Charles Moreux et Colette, le Désert de Retz a connu des périodes de déclin, notamment après son rachat par la Société Fermière de Joyenval en 1936. Des campagnes de restauration (1973–1979, 1989) ont sauvé des éléments clés comme la Tente tartare ou le Théâtre découvert. En 2007, 17 hectares sont rétrocédés à la commune de Chambourcy pour un euro symbolique. Le site, rouvert au public en 2009, reste un témoignage unique des jardins pittoresques du XVIIIe siècle.
Parmi les fabriques encore visibles, la Colonne détruite (25 m de haut), l’Église gothique en ruine (XIIIe siècle), ou la Glacière pyramide illustrent l’éclectisme de Monville. D’autres, comme la Maison chinoise – première maison chinoise d’Europe, construite en teck – ou le Rocher, ont disparu. Le domaine a accueilli des personnalités comme Marie-Antoinette, Gustave III de Suède, ou Thomas Jefferson, reflétant son rayonnement culturel.
Au XXe siècle, des figures comme André Breton, Colette ou André Malraux ont contribué à sa renommée. Aujourd’hui, le Désert de Retz est géré par la commune et ouvert au public, notamment lors des Journées du patrimoine. Son histoire récente est marquée par des tensions juridiques avec le golf de Joyenval, propriétaire d’une partie du domaine.