Frise chronologique
XVe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
XVe siècle (≈ 1550)
Bornes de la seigneurie de Château-Renaud
1826
Première description moderne
Première description moderne
1826 (≈ 1826)
Par Chaudruc de Crazannes
1873
Fouille par Lièvre
Fouille par Lièvre
1873 (≈ 1873)
Découverte ossements et mobilier Grosse Pérotte
1900
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1900 (≈ 1900)
Protection des deux dolmens
2012-2013
Fouilles Petite Pérotte
Fouilles Petite Pérotte
2012-2013 (≈ 2013)
Dirigées par Vincent Ard
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Deux dolmens dits La Grosse Pérotte et La Petite Pérotte (cad. B 69) : classement par liste de 1900
Personnages clés
| Chaudruc de Crazannes - Historien local |
Premier descripteur en 1826 |
| Abbé Jean-Hippolyte Michon - Erudit et archéologue |
A décrit les dolmens en 1844 |
| Auguste-François Lièvre - Archéologue |
Fouilla la Grosse Pérotte en 1873 |
| Vincent Ard - Archéologue contemporain |
Dirigea fouilles 2012-2013 Petite Pérotte |
Origine et histoire
Les dolmens de la Grosse Pérotte et de la Petite Pérotte sont des mégalithes situés à Fontenille, en Charente, à la limite de Luxé. Ces monuments de type angoumoisin, distants d’une cinquantaine de mètres, sont mentionnés dès le XVe siècle comme bornes de la seigneurie de Château-Renaud. Ils furent décrits par Chaudruc de Crazannes en 1826 et par l’abbé Michon en 1844, alors appelés Pierres de la Pérotte. Leur première fouille officielle, menée par Auguste-François Lièvre en 1873, révéla des ossements et des objets funéraires. Classés monuments historiques en 1900, ils illustrent l’architecture mégalithique régionale.
La Petite Pérotte, fouillée en 2012-2013 par Vincent Ard, présente une chambre polygonale couverte d’une dalle de 39 tonnes, reposant sur neuf orthostates. Son tumulus circulaire, d’environ 15 m de diamètre, comportait deux murs de parement concentriques. La chambre, dallée et dotée d’une cellule latérale, contenait des ossements de six individus, des tessons de gobelets décorés, et des armatures de flèches datant du Néolithique moyen. Une consolidation récente y a ajouté un pilier central.
La Grosse Pérotte, moins étudiée, possède une table de couverture brisée en trois morceaux, reposant sur dix orthostates. Sa chambre rectangulaire (3,40 m × 2,30 m) abrite des gravures : une hache et deux crochets en bas-relief. Fouillée en 1873, elle livra des ossements calcinés de neuf individus, des poteries ornées de chevrons, des armatures de flèches, et des éléments de parure. Ces dolmens témoignent des pratiques funéraires et artistiques du Néolithique en Charente.
Les deux monuments, typiques du mégalithisme angoumoisin, reflètent une construction en deux phases : chambre et cairn, puis ajout d’un second mur de parement. Leur mobilier funéraire, attribué au Néolithique moyen, final et au Campaniforme, révèle une occupation prolongée. Leur classement en 1900 et les fouilles récentes soulignent leur importance patrimoniale, tout en posant des questions sur leurs fonctions symboliques et sociales dans les communautés néolithiques.