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Deux formes de radoub des bassins à flot du port de Bordeaux en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine maritime Forme de radoube et cale sèche

Deux formes de radoub des bassins à flot du port de Bordeaux

    Quai du Maroc33000 Bordeaux
Propriété de l'Etat
Formes de radoub du port de Bordeaux
Deux formes de radoub des bassins à flot du port de Bordeaux
Deux formes de radoub des bassins à flot du port de Bordeaux
Deux formes de radoub des bassins à flot du port de Bordeaux
Crédit photo : picotche - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1867
Décret de création du bassin à flot
1876-1885
Construction de la première forme
1892-1906
Construction de la seconde forme
1997
Fermeture des formes de radoub
31 janvier 2008
Classement Monument Historique
2016
Réouverture des formes de radoub
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les deux formes de radoub en totalité, avec leur machinerie, en totalité, y compris le bâtiment qui les abrite (cad. non cadastré, domaine public) : inscription par arrêté du 31 janvier 2008 ; Les éléments suivants constitutifs des bassins à flots, conformément au plan annexé à l'arrêté : les deux bassins à flots en totalité, situés sur les sections SA et SW du cadastre, en dehors des zones cadastrées, les deux estacades en totalité, situées pour l'estacade Sud-Ouest sur la parcelle 41, section GK du cadastre, et pour l'estacade Nord-Est sur la section GL du cadastre, en dehors des zones cadastrées, les écluses en totalité, situées sur la section SA du cadastre, en dehors des zones cadastrées, le bâtiment abritant la machinerie du pertuis et sa plateforme, en totalité, situés à la limite entre les sections SA et SW, en dehors des zones cadastrées, les façades et toitures des anciens bureaux de la main-d'œuvre et de l'outillage, situés sur les parcelles 18 et 19, section GK du cadastre, les façades et toitures du hangar G2, situé sur la section SA du cadastre, en dehors des zones cadastrées, les façades et toitures de la maison des écluses, située sur la parcelle 129, section SA du cadastre, le sémaphore, quai de Bacalan, situé sur la parcelle 41, section GK du cadastre, les façades et toitures de la maison 1930 située derrière les bureaux de la main-d'œuvre et de l'outillage, située sur la parcelle 18, section GK du cadastre. Ces éléments figurent au cadastre sections GK, GL, SA, SB et SW : inscription par arrêté du 14 février 2023

Personnages clés

Jean-Baptiste Courau - Constructeur bordelais Créa un bassin flottant en 1847.
Philippe Dorthe - Conseiller général de Bordeaux Opposant au projet Îlot Lesieur.
Alain Juppé - Maire de Bordeaux (2015) Impliqué dans les échanges avec l’UNESCO.

Origine et histoire des Formes de radoub

Les deux formes de radoub des bassins à flot du port de Bordeaux ont été édifiées à la fin du XIXe siècle, dans le cadre de l’aménagement du premier bassin à flot de Bacalan. Ces infrastructures, destinées à l’entretien et à la réparation des navires, répondaient à un besoin croissant lié à l’intensification du trafic maritime sur la Garonne. Avant leur construction, les navires étaient simplement échoués sur les grèves pour leur maintenance, une méthode peu efficace pour les bâtiments de grande taille.

La première forme de radoub, longue de 157 mètres et large de 20 mètres, fut construite entre 1876 et 1885 pour accueillir les grands navires transatlantiques. Une seconde forme, plus petite, fut ajoutée entre 1892 et 1906 pour compléter les capacités du port. Ces installations étaient équipées de machineries à vapeur permettant de vider les bassins, tandis que des tains (supports) maintenaient les coques des navires pendant les réparations. Leur localisation sur le quai du Maroc, dans le quartier de Bacalan, les reliait directement au bassin à flot et à la Garonne.

Les formes de radoub ont joué un rôle clé dans l’activité portuaire bordelaise jusqu’à leur fermeture en 1997, avant d’être rouvertes en 2016 après des débats sur leur préservation. Classées Monuments Historiques en 2008 avec leur machinerie, elles ont fait l’objet de controverses en 2015 lors du projet «Îlot Lesieur», qui prévoyait la construction d’une tour de 60 mètres dans leur périmètre de protection UNESCO. L’intervention de l’ICOMOS a permis d’éviter ce projet, soulignant l’importance de conserver l’intégrité morphologique et culturelle des bassins à flot.

Le site comprend également des éléments annexes protégés depuis 2023, tels que les écluses, les bureaux de la main-d’œuvre, un sémaphore et des hangars, illustrant l’ensemble du système portuaire historique. Les formes de radoub, construites en pierre de taille avec des parois en escalier, pouvaient accueillir des navires de tailles variées : la première forme (155 m de long) était dédiée aux paquebots et yachts, tandis que la seconde (105 m) servait aux bateaux de plaisance. Leur machinerie commune, située entre les deux bassins, permettait de gérer le remplissage et la vidange.

Leur réouverture en 2016 a marqué un retour à leur fonction originale, tout en s’inscrivant dans une dynamique de valorisation du patrimoine industriel bordelais. Ce site, associé aux bassins à flot, aux ponts tournants et aux autres infrastructures portuaires, constitue un témoignage exceptionnel de l’âge d’or maritime de Bordeaux, entre innovation technique et adaptation aux besoins croissants du commerce transatlantique.

Liens externes

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