Origine et histoire
Les grottes des Fées, situées à Châtelperron dans l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes), forment un ensemble de deux cavités préhistoriques : la grotte Bailleau (26 m) et la grotte Poirier (20 m), accompagnées des vestiges de la grotte Effondrée. Ces grottes, creusées dans des calcaires lacustres de l’Aquitanien, surplombent la rive gauche du Graveron. Leur découverte au XIXe siècle est liée à un projet de voie ferrée reliant les mines de Bert à Dompierre-sur-Besbre. Vers 1848, des travaux pour améliorer le tracé ferroviaire ont mis au jour des objets préhistoriques devant les entrées, révélant un site archéologique exceptionnel.
La grotte des Fées est le site éponyme du Châtelperronien (environ -38 000 à -32 000 ans), une période charnière marquée par la transition entre Néandertaliens et Homo sapiens. Les fouilles, menées dès 1867 par le docteur Guillaume Bailleau et l’ingénieur Albert Poirier, ont exhumé des milliers de silex taillés, des défenses de mammouth, et des outils caractéristiques comme les « couteaux de Châtelperron ». Dans les années 1950, Henri Delporte a confirmé deux niveaux d’occupation : Moustérien et Châtelperronien, alimentant les débats sur la cohabitation entre les deux espèces humaines.
Les grottes ont aussi livré des vestiges gallo-romains et abrité un cantonnier au XIXe siècle. Leur outillage, aujourd’hui dispersé entre le British Museum, le musée de Philadelphie, et des collections françaises (musée Anne-de-Beaujeu, musée d’Archéologie nationale), témoigne de leur importance scientifique. Classées monument historique en 1949, elles sont surnommées « Boîte aux Fées » en raison de leurs concrétions calcaires évocatrices. Leur étude reste centrale pour comprendre les dernières phases de la présence néandertalienne en Europe.
Les fouilles historiques ont été marquées par des figures comme Guillaume Bailleau, qui a exploré la grotte éponyme et découvert des outils en silex et des défenses de mammouth, et Henri Delporte, dont les travaux dans les années 1950 ont précisé la stratigraphie et les occupations successives. La grotte Effondrée, identifiée en 1867, a révélé des outils moustériens et châtelperroniens, dont des lames à dos typiques. Ces découvertes ont nourri les controverses sur l’extinction des Néandertaliens et l’émergence des Homo sapiens en Europe.
Le site, topographié en 1991, reste un référentiel pour l’étude des cultures paléolithiques. Les collections, bien que majoritairement exportées, incluent des pièces exposées localement au Préhistorama de Châtelperron (ancienne gare), sous forme de reproductions. Les grottes illustrent aussi les défis de la conservation du patrimoine préhistorique, entre exploitation scientifique ancienne et valorisation touristique contemporaine.