Frise chronologique
vers 3200 av. J.-C.
Construction initiale
Construction initiale
vers 3200 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Datation la plus ancienne par radiocarbone.
1963
Découverte du dolmen
Découverte du dolmen
1963 (≈ 1963)
Lors de la construction d’un lotissement.
6 avril 1965
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 avril 1965 (≈ 1965)
Protection officielle du site.
1964-1967
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1964-1967 (≈ 1966)
Dirigées par J. L’Helgouach.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen à couloir sous tumulus (cad. F 128p) : classement par arrêté du 6 avril 1965
Personnages clés
| J. L’Helgouach - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1964 à 1967. |
Origine et histoire
Le dolmen de Goërem est un dolmen sous tumulus situé à Gâvres, dans le Morbihan, près de l’embouchure du Blavet. Découvert en 1963 lors de travaux, il fut fouillé entre 1964 et 1967 par l’archéologue J. L’Helgouach. Classé monument historique en 1965, il se distingue par son couloir en équerre et sa chambre compartimentée, recouverts d’un tumulus oblong de 28 mètres de long. Son architecture, incluant des gravures sur dix dalles, suggère une utilisation cultuelle et sépulcrale complexe.
Le dolmen appartient à un groupe de huit monuments similaires entre le pays de Retz et la rivière d’Étel, caractérisés par un couloir et une chambre formant un angle droit. Le couloir, long de 9,25 mètres, mène à une chambre de 17 mètres divisée en quatre compartiments, dont une cellule terminale close. Les murs alternent dalles mégalithiques et murets en pierres sèches, tandis qu’une couche d’argile noire assure l’étanchéité sous le tumulus. Les gravures, en forme de cartouches rectangulaires, évoquent des représentations d’idoles.
Les fouilles ont révélé trois groupes culturels distincts à travers la céramique : Kerugou (fragments de vases), Conguel (un vase entier), et campaniforme (gobelet et vases décorés). Le mobilier inclut aussi des objets en quartz, cuivre et or, attribués au Campaniforme. Cinq datations au radiocarbone placent la construction vers 3200 av. J.-C. L’Helgouach propose que la cellule terminale abritait peut-être un personnage important, avant que le site ne devienne un lieu de rites, puis ne soit condamné et réutilisé brièvement au Campaniforme.
L’édifice illustre une occupation en deux phases : une première liée à la culture Kerugou, suivie d’une réutilisation campaniforme après un éboulement partiel. Les deux premières tables de couverture du couloir, déplacées, témoignent d’une violation ancienne. Le cloisonnement interne, unique en son genre, pourrait refléter des utilisations successives ou des pratiques rituelles spécifiques. Aujourd’hui, le dolmen reste un exemple remarquable de l’architecture mégalithique bretonne.
Le tumulus, de forme oblongue, mesure 28 mètres de long pour une hauteur maximale de 2,20 mètres. Constitué de pierres et de terre, il épouse la forme de la tombe intérieure. La porte d’accès à la chambre, partiellement obstruée, laisse supposer un contrôle des accès. Les gravures, plus nombreuses dans les compartiments arrière, renforcent l’hypothèse d’un espace sacré à fonction symbolique ou funéraire, réservé à une élite ou à des cérémonies collectives.