Dolmen à couloir sous tumulus à Gâvres dans le Morbihan

Patrimoine classé Patrimoine Celtique Dolmens

Dolmen à couloir sous tumulus

  • 8-10 Rue du Tumulus
  • 56290 Gâvres
Dolmen de Goëren à Gâvres
Dolmen à couloir sous tumulus
Dolmen à couloir sous tumulus
Dolmen à couloir sous tumulus
Dolmen à couloir sous tumulus
Dolmen à couloir sous tumulus
Dolmen à couloir sous tumulus
Dolmen à couloir sous tumulus
Crédit photo : XIIIfromTOKYO - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1900
2000
3200 av. J.-C.
Construction initiale
1963
Découverte du dolmen
6 avril 1965
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen à couloir sous tumulus (cad. F 128p) : classement par arrêté du 6 avril 1965

Personnages clés

J. L'Helgouach Archéologue ayant fouillé le site entre 1964 et 1967.

Origine et histoire du dolmen de Goëren

Le dolmen de Goërem, dit dolmen de Gâvres, est un dolmen sous tumulus situé près de l'embouchure du Blavet à Gâvres (Morbihan). Découvert en 1963 lors de la construction d'un lotissement, son tumulus était entièrement recouvert par une dune ; il a été fouillé entre 1964 et 1967 par J. L'Helgouach et classé au titre des monuments historiques le 6 avril 1965. Il constitue l'exemplaire le plus occidental d'un groupe d'environ huit dolmens du même type répartis entre le pays de Retz et la rivière d'Étel, parmi lesquels les Pierres Plates à Locmariaquer, Luffang à Crach et le Rocher au Bono. Il s'agit d'un dolmen à couloir dont le plan dessine une équerre : le couloir, orienté au nord, mesure 9,25 m de long, 1,20 à 1,25 m de large et offre une hauteur moyenne de 1,60 m ; l'entrée était détériorée, deux tables de couverture ayant été retirées et rejetées vers l'avant, provoquant un effondrement partiel. Le couloir est délimité par neuf orthostates non jointifs de chaque côté, reliés par des murets en pierres sèches composés de galets ; les différences de hauteur des orthostates ont été comblées par l'ajout de galets, témoignant d'une construction soignée. L'extrémité nord du couloir est fermée par une dalle de granite découverte condamnée par des blocs sur 1 à 1,10 m de hauteur, laissant toutefois un passage étroit de 0,40 m entre la dalle et la table de couverture qui donne accès à la chambre. La chambre, orientée plein ouest, mesure 17 m de long pour une largeur presque constante de 1,60 à 1,70 m et est segmentée en quatre compartiments par des dalles transversales formant cloisons. Le premier compartiment, près de la porte, mesure 2,70 m de long sur 1,45 m de large avec une hauteur sous dalle de 1,25 m à l'est et 1,50 m à l'ouest ; il est recouvert d'une unique table de couverture de 3,50 m sur 1,80 m et 0,50 m d'épaisseur (poids estimé 8 t). La première cloison, une dalle transversale de 0,55 m de large, laisse un passage étroit le long de la paroi nord. Le deuxième compartiment, plus vaste, mesure 5,60 m de long pour 1,50 à 1,60 m de large ; il est recouvert par trois tables de couverture et une partie d'une quatrième, présente un sol pavé et comporte quatre dalles murales gravées partiellement érodées. Le troisième compartiment fait 4,60 m de long sur 1,45 m de large, avec un sol quasiment pavé et trois dalles de couverture. Le dernier compartiment, de forme presque rectangulaire (environ 3 m de long sur 1,60 à 1,70 m de large et 1,50 m de haut), est complètement obturé par deux dalles parallèles et son sol est pavé. Ce cloisonnement, relativement original, rappelle l'architecture interne du dolmen des Pierres Plates mais de façon plus développée ; ses raisons restent inconnues et pourraient correspondre à des utilisations successives, la cellule terminale totalement close évoquant des aménagements observés dans les allées couvertes de type armoricain. L'ensemble de l'édifice est recouvert d'une couche compacte d'argile noire assurant l'étanchéité, elle-même recouverte d'un tumulus oblong constitué de pierres de taille moyenne et de terre, mesurant 28 m de longueur avec une hauteur maximale au centre de 2,20 m. Les gravures, nombreuses mais assez érodées du fait du support granitique, sont plus fréquentes dans les derniers compartiments ; dix dalles portent des motifs en forme de cartouches rectangulaires au sommet en « V », divisés verticalement par une ligne médiane, parfois bordés de traits doublés ou triplés et remplis de points, cercles ou traits, sans deux cartouches strictement identiques ; l'ensemble est interprété comme la représentation d'idoles. La céramique recueillie appartient à trois groupes distincts : éléments de type Kérugou présents sous forme de fragments correspondant à plusieurs vases et écuelles, un vase de type Conguel retrouvé entier dans le couloir, et une composante campaniforme représentée par un gobelet décoré « à la cordelette » et deux vases trouvés dans le dernier compartiment et dans le couloir, dont l'un porte un décor spécifique peu fréquent dans le Morbihan mais connu sur de grands vases campaniformes (Guernesey, Kerlescan). Le petit mobilier attribué au Campaniforme comprend une pendeloque en quartz, des pointes de flèches, des plaquettes d'or à bords repliés et des alènes en cuivre. L'interprétation proposée place la construction du dolmen probablement à la période Kérugou, la céramique correspondante étant présente dans toutes les parties de l'édifice et dans la masse du tumulus, tandis qu'une deuxième phase d'occupation, campaniforme, lui a succédé mais de manière non immédiate. La condamnation de la cellule terminale semble remonter aux débuts de la construction, car la longueur et l'étroitesse de la chambre ne permettent pas d'expliquer une installation postérieure des deux dalles ; le mouvement des deux premières tables de couverture du couloir indique par ailleurs la violation d'une sépulture antérieure fermée. L'occupation campaniforme fut apparemment brève, probablement en raison d'un éboulement survenu après la première réutilisation. Cinq datations au radiocarbone ont été réalisées et la plus ancienne correspond à une période située vers 3200 av. J.-C. Enfin, J. L'Helgouach a émis l'hypothèse que la cellule terminale pouvait correspondre à la sépulture d'un personnage important et que la tombe avait ensuite été transformée en un édifice cultuel où l'on pratiquait périodiquement des rites, ce qui expliquerait la densité des gravures et la relative rareté du mobilier ; le monument aurait ensuite été condamné, redécouvert et réutilisé brièvement au Campaniforme.

Liens externes