Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de son érection.
1882
Première mention écrite
Première mention écrite
1882 (≈ 1882)
Par Ludovic Martinet sous le nom *Coll de Cerberol*.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection parmi les premiers mégalithes français.
1950
Redécouverte par Pierre Ponsich
Redécouverte par Pierre Ponsich
1950 (≈ 1950)
Inclusion dans l’inventaire des dolmens roussillonnais.
1963
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1963 (≈ 1963)
Menées par Ponsich et Abélanet, révélant des artefacts.
1987
Étude par le GESEART
Étude par le GESEART
1987 (≈ 1987)
Analyse architecturale et contextuelle approfondie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen (cad. E 508) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Ludovic Martinet - Historien et archéologue |
Auteur de la première description en 1882. |
| Pierre Ponsich - Archéologue |
Redécouvreur du dolmen en 1950 et fouilleur. |
| Jean Abélanet - Archéologue |
Co-fouilleur en 1963, auteur d’hypothèses architecturales. |
| Enric Carreras Vigorós - Chercheur en mégalithisme |
Propose l’hypothèse d’un dolmen à couloir. |
Origine et histoire
Le dolmen de la Coma Enestapera, aussi appelé dolmen de la Coma Estapera, est un monument mégalithique situé à Cerbère, dans les Pyrénées-Orientales. Ce dolmen de petite taille, daté du Néolithique, a été réutilisé et aménagé en abri au fil des siècles, ce qui a altéré son architecture d'origine. Son nom catalan, Coma Estapera, signifie « la combe où se trouve cette pierre », soulignant son lien avec le paysage local. Il est entouré d'autres dolmens et menhirs, formant un ensemble mégalithique significatif dans la région.
La première mention écrite du dolmen remonte à 1882 par Ludovic Martinet, qui le décrit sans l’avoir visité. Classé monument historique en 1889, il tombe dans l’oubli avant d’être redécouvert en 1950 par Pierre Ponsich, qui le cartographie et le fouille en 1963 avec Abélanet. Ces fouilles révèlent des fragments de céramiques, des charbons de bois et un outil métallique indéterminé, mais la chambre funéraire avait déjà été violée bien avant. Son architecture reste incertaine : certains archéologues y voient un dolmen à couloir, tandis que d’autres suggèrent une chambre polygonale accidentelle.
Le dolmen se compose d’une dalle de couverture en schiste ardoisier, inclinée vers le nord, et de supports partiellement effondrés. Son tumulus, plat et masqué par la végétation, pourrait mesurer environ 6 mètres de diamètre. La réutilisation comme abri a entraîné l’accumulation de pierres entre les supports, obstruant les interstices. Malgré son état dégradé, il offre un témoignage rare des pratiques funéraires néolithiques dans les Pyrénées-Orientales, dans un environnement marqué par un relief accidenté et une forte concentration de mégalithes.
Le site est situé à proximité du Puig Joan, près du Coll del Pinyer, dans un secteur riche en vestiges préhistoriques. Son classement en 1889 en fait l’un des premiers monuments mégalithiques protégés en France. Les études menées en 1987 par le GESEART ont permis de préciser son contexte archéologique, bien que son architecture d’origine reste sujette à débat. Aujourd’hui, il illustre à la fois l’ingéniosité des bâtisseurs néolithiques et les transformations subies par ces monuments au fil des millénaires.