Origine et histoire du dolmen de Chardonnet
Les dolmens de Chardonnet, aussi appelés dolmens de Cadoule, sont deux monuments mégalithiques situés sur la commune de La Canourgue, dans le département de la Lozère (région Occitanie). Ils datent du Néolithique et s’inscrivent dans un ensemble de cinq dolmens alignés sur 1,2 km, mentionnés dès 1869 par L. de Malafosse. Parmi eux, le Grand dolmen et le Petit dolmen, distants d’environ 100 m, ont été particulièrement étudiés. Ces structures servaient probablement de sépultures collectives, typiques des sociétés agro-pastorales de l’époque.
Le Grand dolmen, classé monument historique en 1889, était à l’origine un dolmen coudé à couloir, orienté est/ouest, avec une chambre rectangulaire de 4 m de long. Sa table de couverture monumentale (4,50 m de long), aujourd’hui fragmentée, a été décrite avant sa mutilation en 1868 grâce à une photographie conservée par la Société d’agriculture de Mende. Le couloir d’accès, large d’environ 1,30 m, précédait une chambre dont les parois latérales (orthostates) se sont inclinées, réduisant l’espace intérieur. À l’ouest, la dalle de chevet a été remplacée par un mur en pierres sèches, suggérant une réutilisation ultérieure comme abri par des bergers.
Le Petit dolmen, situé à l’est du Grand dolmen, présente une structure plus modeste : 2,80 m de long pour 1 m de large, avec une table de couverture renversée (2,50 m de long). Ces dolmens illustrent l’architecture funéraire néolithique du causse de Sauveterre, marquée par des techniques de construction en grandes dalles de pierre (mégalithes). Leur état actuel reflète à la fois leur ancienneté et les altérations subies au fil des siècles, notamment aux XIXe et XXe siècles.
La mention des cinq dolmens par Malafosse en 1869 souligne l’importance archéologique du site, bien que seuls deux aient été documentés en détail. Le classement du Grand dolmen en 1889 témoigne de la reconnaissance précoce de sa valeur patrimoniale, dans un contexte où les monuments mégalithiques étaient encore peu protégés. Aujourd’hui, ces dolmens offrent un aperçu des pratiques funéraires et de l’organisation spatiale des communautés néolithiques en Occitanie.