Frise chronologique
Néolithique récent
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique récent (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'édification estimée du monument.
7 mai 1895
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
7 mai 1895 (≈ 1895)
Protection officielle par arrêté ministériel.
1906
Publication du rapport de Mortillet
Publication du rapport de Mortillet
1906 (≈ 1906)
Étude détaillée post-fouilles par Adrien de Mortillet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen de Coppière (cad. ZD 47) : classement par arrêté du 7 mai 1895
Personnages clés
| Émile Collin - Préhistorien et fouilleur |
Découvreur du site, auteur des premiers rapports. |
| Adrien de Mortillet - Anthropologue et archéologue |
Auteur d’un rapport détaillé en 1906. |
Origine et histoire
Le dolmen de Coppière, aussi appelé allée couverte de Copierres ou dolmen Vieille Cote, est un monument mégalithique situé sur la commune de Montreuil-sur-Epte, dans le Val-d'Oise. Il fut découvert au XIXe siècle par le préhistorien Émile Collin lors d’une prospection, après avoir repéré des silex et un tertre suspect. Collin entreprit des fouilles et publia deux rapports préliminaires. L’édifice, taillé dans un sous-sol calcaire sur un coteau à 118 m d’altitude, fut classé au titre des monuments historiques le 7 mai 1895. Son architecture atypique, sans antichambre et avec une entrée unique, se compose de trois sections successives aux techniques de construction variées, dont des orthostates chevauchants et des murs en plaquettes de calcaire.
L’allée couverte, longue de 15,30 m, abritait un conglomérat d’ossements désordonnés, dont 14 crânes — parmi lesquels 11 présentaient des traces de trépanations. Deux couches archéologiques y furent identifiées : une strate néolithique et une seconde gallo-romaine, concentrée vers le centre. Le mobilier funéraire, surtout localisé dans les trois derniers mètres, comprenait des outils en silex (lames, pointes de flèches, grattoirs), des éléments de parure (perles, canines percées, hache-amulette en jadéite), et des tessons de poterie grossière associés à la culture Seine-Oise-Marne.
Adrien de Mortillet publia en 1906 un rapport détaillé sur le site, complétant les observations initiales. Bien qu’aucune trace de tumulus n’ait été formellement attestée dans les rapports de fouille, c’est l’émergence d’un tertre qui avait initialement attiré l’attention d’Émile Collin. La seule table de couverture encore en place à l’époque des fouilles se trouvait à l’entrée ; les autres étaient effondrées dans l’allée ou avaient disparu. La structure, orientée ouest-nord-ouest/est-sud-est, suit la pente naturelle du terrain, avec une hauteur décroissante de 2,15 m au fond à 0,60 m à l’entrée.
Le dolmen de Coppière illustre les pratiques funéraires collectives du Néolithique récent, avec des dépôts d’ossements et d’objets sur une longue période. Les trépanations crâniennes, fréquentes parmi les restes humains, suggèrent des rituels ou des pratiques médicales avancées pour l’époque. Les outils en os et en silex, ainsi que les parures en matériaux variés (schiste, calcite, cuivre), témoignent d’échanges et d’une société organisée, capable de travailler des matériaux locaux et exogènes. La présence d’une couche gallo-romaine indique une réutilisation ou une perturbation du site bien après sa construction initiale.
La protection du monument en 1895 reflète l’intérêt précoce pour la préservation du patrimoine mégalithique en France. Aujourd’hui, le dolmen reste un exemple remarquable d’architecture funéraire néolithique, combinant des techniques de construction variées et une organisation spatiale complexe. Son étude continue d’éclairer les modes de vie, les croyances et les compétences techniques des communautés agricoles sédentaires de la région parisienne il y a près de 5 000 ans.