Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Édification du monument mégalithique et de ses gravures.
Moyen Âge
Rituels de guérison
Rituels de guérison
Moyen Âge (≈ 1125)
Pratiques associées aux maladies de peau.
XIIe siècle
Installation des moines
Installation des moines
XIIe siècle (≈ 1250)
Lien avec le prieuré Saint-Michel de Grandmont.
1900
Classement monument historique
Classement monument historique
1900 (≈ 1900)
Protection officielle par l’État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit de Coste Rouge (cad. A 520) : classement par liste de 1900
Personnages clés
| Moines du prieuré Saint-Michel de Grandmont - Religieux guérisseurs |
Associés aux rituels médiévaux autour du dolmen. |
Origine et histoire
Le dolmen de Coste-Rouge est un monument mégalithique situé à Soumont, dans le département de l’Hérault (Occitanie), datant du Néolithique. Classé au titre des monuments historiques dès 1900, il se distingue par son allure imposante et son orientation nord-nord-est/sud-sud-ouest, avec une ouverture au sud. Son tumulus circulaire, délimité par un double parement, mesure environ 10 mètres de diamètre et abrite un couloir d’accès menant à une chambre funéraire presque carrée (1,80 m x 1,60 m), construite avec quatre orthostates en grès triasique. La dalle de fermeture présente une ouverture en « porte de four », alignée sur le solstice d’hiver, tandis que la table de couverture, pesant 15 tonnes, arbore des gravures énigmatiques : bassins circulaires, cupules, et une figure carrée peu profonde.
La chambre funéraire révèle des détails architecturaux remarquables, comme une excroissance sur l’orthostate occidental, probablement utilisée pour faciliter l’escalade, et une cavité ovale sur la face interne de l’orthostate oriental, creusée par rotation d’un outil dur. La table de couverture, outre ses motifs gravés, présente des rainures et des cupules dont l’origine anthropique ou naturelle reste débattue. Le site, intégré au parc de l’ancien prieuré Saint-Michel de Grandmont, est aussi lié à des traditions médiévales : au XIIe siècle, des moines s’y installèrent, peut-être pour contrer des pratiques païennes persistantes autour du dolmen, alors surnommé Ostalet das Fadas (« maisonnette des fées » en occitan).
Au Moyen Âge, le dolmen était associé à des rituels de guérison des maladies chroniques de la peau. Selon la tradition, les vêtements des malades étaient brûlés avant qu’ils ne soient hissés sur la table du dolmen, où deux moines les roulaient et frottaient pour les soigner. Cette pratique, mêlant croyances populaires et intervention religieuse, témoigne de la persistance d’un imaginaire lié aux mégalithes bien après leur édification. Le dolmen, photographié dès la fin du XIXe siècle, est devenu une icône touristique et scientifique, illustrant de nombreuses cartes postales et ouvrages spécialisés.
Le classement de 1900 souligne son importance patrimoniale, tandis que son intégration dans le paysage — sur une terrasse circulaire offrant un vaste panorama — et ses caractéristiques architecturales (orientation solsticiale, gravures) en font un témoin majeur des pratiques funéraires et symboliques du Néolithique en Languedoc. Les traces d’occupation monastique ultérieure ajoutent une dimension historique plurielle, entre héritage préhistorique et réappropriations médiévales.