Frise chronologique
Néolithique
Construction initiale
Construction initiale
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'édification du dolmen à couloir.
1866
Plan dressé par Lukis
Plan dressé par Lukis
1866 (≈ 1866)
Première représentation détaillée du monument.
1878
Fouilles de James Miln
Fouilles de James Miln
1878 (≈ 1878)
Découverte d'objets néolithiques conservés au musée.
11 septembre 1929
Classement monument historique
Classement monument historique
11 septembre 1929 (≈ 1929)
Protection officielle par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen de Cruz-Menquen : classement par arrêté du 11 septembre 1929
Personnages clés
| Lukis - Architecte ou archéologue |
A dressé un plan du dolmen en 1866. |
| James Miln - Archéologue |
Fouilla le site en 1878 et y découvrit du mobilier. |
Origine et histoire
Le dolmen de Cruz-Menquen, situé à Carnac dans le Morbihan, est un vestige mégalithique daté du Néolithique. À l'origine conçu comme un dolmen à couloir, il ne subsiste aujourd'hui que trois orthostates supportant une table de couverture de 2,5 m sur 2 m, surmontée d'une croix de 2,5 m de haut. Le tumulus environnant a presque entièrement disparu. Ce monument a été fouillé en 1878 par James Miln, qui y découvrit des fragments de poterie, des silex taillés et une fusaïole en terre cuite, aujourd'hui conservés au Musée de Préhistoire de Carnac. Son plan fut établi en 1866 par Lukis, et il fut classé monument historique en 1929.
Le dolmen était autrefois associé à des rituels païens : les jeunes filles en quête de mariage s'y asseyait lors des nuits de pleine lune, tandis que les femmes désirant un enfant s'y frottaient. Pour éradiquer ces pratiques, le clergé fit apposer une croix sur la dalle, christianisant ainsi le mégalithe à une époque non précisée. Cette particularité en fit un sujet iconographique récurrent, représenté dans des ouvrages du XIXe siècle comme L'Univers pittoresque (1845) ou Les monuments mégalithiques de tous pays (1878), ainsi que sur des cartes postales dès 1900.
Les fouilles de Miln révélèrent un mobilier archéologique modeste mais significatif, témoignant des pratiques funéraires ou rituelles néolithiques. Les objets exhumés, aujourd'hui exposés au musée local, incluent des outils en silex et des éléments de poterie, typiques de cette période. Le dolmen illustre ainsi la transition entre les croyances préhistoriques et leur réappropriation chrétienne, tout en restant un symbole des traditions mégalithiques bretonnes.
La notoriété du site s'étend au-delà de son intérêt archéologique : sa représentation dans des gravures et peintures du XIXe siècle, souvent exagérée ou romantisée, reflète l'engouement de l'époque pour les monuments anciens. Des auteurs comme Gailhabaud (1845) ou Taylor (1847) contribuèrent à sa diffusion, tandis que des inventaires ultérieurs, comme ceux de Zacharie Le Rouzic (1965), en consolidèrent l'étude scientifique. Classé depuis 1929, il reste propriété de la commune de Carnac et accessible au public.