Frise chronologique
Vers 1850
Destruction partielle
Destruction partielle
Vers 1850 (≈ 1850)
Disparition des orthostates nord
1904
Fouilles de l'abbé Labrie
Fouilles de l'abbé Labrie
1904 (≈ 1904)
Découverte d'ossements et mobilier funéraire
Vers 1975
Fouille clandestine
Fouille clandestine
Vers 1975 (≈ 1975)
Dégâts non documentés sur le site
24 octobre 1995
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
24 octobre 1995 (≈ 1995)
Protection officielle du dolmen
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen (cad. ZC 0082) : inscription par arrêté du 24 octobre 1995
Personnages clés
| Abbé Labrie - Archéologue |
Fouilles et découverte du mobilier en 1904 |
Origine et histoire
Le dolmen de Curton, situé à Jugazan en Gironde, est une allée couverte de type aquitain, orientée ouest-nord-ouest/est-sud-est. Long de 7,55 mètres, il est délimité par des orthostates et une dalle de chevet ornée de gravures (cercles solaires, motifs en fer à cheval). Ces symboles, fréquents dans les mégalithes européens, suggèrent une fonction rituelle ou astronomique. Le sol, constitué du substrat rocheux, supporte une unique table de couverture encore en place.
L’histoire du monument est marquée par des destructions et fouilles. Vers 1850, les premiers orthostates nord disparaissent. En 1904, l’abbé Labrie y découvre des ossements (huit individus) et un mobilier funéraire (pendeloque, outils en silex, poteries, vases gallo-romains). Une fouille clandestine a lieu vers 1975. Le dolmen est inscrit aux monuments historiques en 1995, protégeant ainsi l’un des rares mégalithes girondins avec une table intacte et un tumulus préservé.
Les fouilles de Labrie révèlent des pratiques funéraires collectives : six squelettes allongés deux par deux, accompagnés d’objets en os, coquillages et silex poli. Deux vases gallo-romains, trouvés à l’ouest, témoignent d’une réutilisation ultérieure du site. Une partie du mobilier, dont des tessons et une hache, est conservée au Musée d’Aquitaine. Les gravures de la dalle de chevet, bien qu’érodées, offrent un rare exemple d’art mégalithique régional.
Architecturalement, l’allée couverte mesure entre 0,75 et 1,35 mètres de large, avec des dalles latérales de 0,90 à 1,70 mètres de long. La hauteur varie de 0,30 mètre à l’entrée à 1,30 mètre au chevet. La table de couverture restante (2,50 x 2,10 mètres) repose sur trois piliers. Ce monument, édifié directement sur la roche, illustre les techniques de construction néolithiques et leur adaptation au terrain.
Le dolmen de Curton s’inscrit dans un réseau de sites mégalithiques aquitains, caractérisés par des allées couvertes et des motifs gravés récurrents. Sa protection en 1995 souligne son importance patrimoniale, malgré les dégradations subies. Les études de Devignes (1995) et Beyneix (2009) le citent comme exemple notable du mégalithisme girondin, rare dans une région où ces monuments sont peu nombreux.