Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction estimée
1840
Première mention écrite
Première mention écrite
1840 (≈ 1840)
Cité par Louis-Léon Gadebled
1879
Description par de Pulligny
Description par de Pulligny
1879 (≈ 1879)
Dolmen décrit comme incliné
1896
Erreur de Léon Coutil
Erreur de Léon Coutil
1896 (≈ 1896)
Déclaré détruit à tort
2 janvier 1910
Classement monument historique
Classement monument historique
2 janvier 1910 (≈ 1910)
Arrêté de protection officiel
1967
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1967 (≈ 1967)
Dirigées par Jean-Pierre Watté
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen de l'Hôtel-Dieu (cad. A 58) : classement par arrêté du 2 janvier 1910
Personnages clés
| Jean-Pierre Watté - Archéologue |
Fouilles de 1967, découverte d’ossements |
| Louis-Léon Gadebled - Historien local |
Première mention en 1840 |
| Léon Coutil - Président de la Société préhistorique |
Erreur et rectification en 1898 |
| Alphonse-Georges Poulain - Préhistorien |
Signale l’erreur en 1907 |
| M. Papon - Artiste |
Auteur d’un tableau (Musée d’Évreux) |
Origine et histoire
Le dolmen de l’Hôtel-Dieu, aussi nommé pierre de Druides, est un monument mégalithique situé dans un champ au nord-ouest de la commune des Ventes (Eure), près de la ferme de l’Hôtel-Dieu dont il porte le nom. Construit en poudingue, il se compose d’une dalle de couverture de 2,60 m × 2,10 m, épaisse de 0,80 m, soutenue par sept supports verticaux, dont quatre se sont déplacés avec le temps, renversant partiellement la structure. Le sol de la chambre funéraire, recouvert de dalles carrées (10 à 40 cm de côté), conserve une couche archéologique de 40 cm, surmontée d’un niveau de blocs interprétable comme une condamnation du site.
Les fouilles menées en 1967 par Jean-Pierre Watté ont révélé des ossements de deux individus, accompagnés d’objets en silex (armatures de flèches, hache, ciseau poli) et de fragments de céramique à dégraissant siliceux. Une parure composée d’un coquillage marin usé (nucella lapillus), d’une perle quadrangulaire et d’une perle en quartz microcristallin a également été exhumée. Le monument, exceptionnellement préservé des pillages, ne montre que des traces d’activité animale. Sa première mention écrite remonte à 1840 par Louis-Léon Gadebled, qui évoque deux dolmens sur la commune.
En 1879, le vicomte de Pulligny décrit le dolmen comme incliné en raison de la disparition de deux supports. Une confusion historique survient en 1896 lorsque Léon Coutil, président de la Société préhistorique française, le déclare détruit par erreur dans son inventaire, avant de rectifier en 1898 après une visite sur site. Il en dresse alors un plan et un croquis, publiés en 1909. Entre-temps, Alphonse-Georges Poulain signale l’erreur en 1907 et plaide pour son classement, effectif par arrêté du 2 janvier 1910. Un tableau à l’huile, réalisé par M. Papon et conservé au Musée d’Évreux, témoigne de son aspect au XIXe siècle.
Le dolmen illustre les pratiques funéraires néolithiques en Normandie, avec une réutilisation probable sur plusieurs générations. Les objets découverts (outils, parures, céramiques) reflètent une société sédentaire maîtrisant la taille du silex, l’agriculture et l’artisanat. Son classement précoce en 1910 souligne son importance patrimoniale, malgré les menaces agricoles (pierres entassées par un fermier pour dégager le champ). Aujourd’hui propriété communale, il reste un témoin rare des sépultures collectives de cette époque.