Construction du dolmen Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'édification estimée du monument mégalithique.
1144
Mention dans un cartulaire
Mention dans un cartulaire 1144 (≈ 1144)
Utilisation comme chapelle par les religieuses de Nyoiseau.
1865
Représentation lithographique
Représentation lithographique 1865 (≈ 1865)
Première illustration connue par Godard fils.
1890
Première photographie
Première photographie 1890 (≈ 1890)
Plus ancienne photo conservée du dolmen.
24 septembre 1936
Classement monument historique
Classement monument historique 24 septembre 1936 (≈ 1936)
Protection officielle par arrêté ministériel.
1979-1983
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques 1979-1983 (≈ 1981)
Campagne de fouilles suivie d'une restauration complète.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen de la Bajoulière (cad. AM 528) : classement par arrêté du 24 septembre 1936
Personnages clés
Godard fils - Lithographe
Auteur de la représentation de 1865.
C. Fraysse - Archéologue ou chercheur
A émis l'hypothèse d'une « voie des morts ».
Millet de la Turtaudière - Inventoriste
A publié l'inventaire incluant la lithographie.
Origine et histoire
Le dolmen de la Bajoulière, situé à Saint-Rémy-la-Varenne en Maine-et-Loire, est un édifice mégalithique de type angevin, daté du Néolithique. Il se distingue par sa chambre funéraire presque carrée, couverte d’une dalle monumentale de grès sénonien (7,50 m de côté, 0,70 à 0,90 m d’épaisseur), aujourd’hui fracturée en quatre morceaux. Selon une tradition locale, cette fracture résulterait d’un impact de foudre, bien que des représentations anciennes (lithographie de 1865) montrent déjà la dalle brisée. La chambre, légèrement trapézoïdale, était compartimentée par une cloison transversale en dalles calées, et précédée d’un double trilithe à l’entrée, caractéristique rare partagée avec le dolmen de La Roche-aux-Fées.
Le monument est mentionné dès 1144 dans un cartulaire de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers, où il est rapporté que les religieuses de l’abbaye de Nyoiseau l’utilisaient comme chapelle. Classé monument historique en 1936, il a fait l’objet de fouilles approfondies entre 1979 et 1983, révélant des traces d’occupation gallo-romaine et des artefacts néolithiques : ossements humains, outils en silex (grattoirs, haches polies), une armature de flèche campaniforme, et des céramiques rubanées de grande qualité. Ces découvertes suggèrent une utilisation funéraire initiale, bien que la céramique retrouvée pourrait dater d’une période antérieure à la construction du dolmen.
Le cairn entourant originellement la chambre, aujourd’hui disparu, fut partiellement reconstitué grâce aux fouilles. Composé de murs parallèles épais de 2 à 2,50 m, il formait une structure en ove ou trapèze allongé, probablement utilisée comme support pour la mise en place de la table de couverture. Des traces d’écrasement de dallettes sous le poids attestent de cette fonction. À proximité, une structure en demi-cercle (en forme de corne), longue de 9 m, a été identifiée, sans qu’il soit possible de déterminer si elle est antérieure ou postérieure au dolmen. Par ailleurs, sept des quatorze menhirs situés dans un rayon de 7 km autour du site pourraient marquer une « voie des morts » reliant le dolmen au village néolithique du Thoureil.
L’édifice a subi des transformations majeures à l’époque gallo-romaine, où il fut probablement habité, comme en témoignent les remaniements internes. Malgré cela, les fouilles ont permis de retrouver des éléments archéologiques clés, comme un fragment de maxillaire humain et un poignard du Chalcolithique. La dalle de couverture, d’un poids estimé à plusieurs tonnes, présente des piliers bouchardés, et des blocs de calage retrouvés sur place confirment une construction soignée. Le dolmen, propriété de la commune de Saint-Rémy-la-Varenne, reste un exemple emblématique de l’architecture mégalithique angevine, tant par ses dimensions que par son histoire complexe, mêlant usages funéraires, religieux et domestiques.
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