Dolmen de la Pierre-Levée à Janville-sur-Juine dans l'Essonne

Patrimoine classé Patrimoine Celtique Dolmens

Dolmen de la Pierre-Levée à Janville-sur-Juine

  • Sous la Pierre Levée
  • 91510 Janville-sur-Juine
Crédit photo : Thor19 - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
Néolithique
Construction du dolmen
1850-1860
Dégagement du dolmen
1880
Fouilles archéologiques
1889
Premier classement
1949
Second classement
Début du XXe siècle
Acquisition par la Société préhistorique française
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen dit la Pierre-Levée (cad. AE 353) : classement par arrêté du 15 décembre 1949

Personnages clés

Delessard Archéologue ayant fouillé le dolmen en 1880.
Gabriel de Mortillet Destinataire du rapport de Delessard sur les fouilles du dolmen.
Adrien de Mortillet Préhistorien ayant décrit l'antichambre du dolmen.
Tomasi Archéologue ayant mentionné la découverte de squelettes dans le dolmen.

Origine et histoire du dolmen de la Pierre-Levée

Le dolmen dit la Pierre-Levée, également appelé dolmen de Janville ou dolmen de Pocancy, se situe à Janville-sur-Juine (Essonne). Il n’a été dégagé qu’entre 1850 et 1860, lors du ramassage des pierres servant à l’empierrement des chemins, mais le cadastre napoléonien mentionne le champ comme « Champtier de la Pierre Levée » et un lieu-dit voisin s’appelle « Sous La Pierre Levée », ce qui suggère que le monument n’a pas toujours été totalement dissimulé. Vers 1860, des cultivateurs creusèrent la chambre pour en abaisser le sol et s’y établir comme abri, dispersant alors le contenu de la chambre dans les champs ; Delessard fouilla les vestiges en 1880 et adressa son rapport à Gabriel de Mortillet. La Société préhistorique française devint propriétaire du site au début du XXe siècle et le dolmen fit l’objet de classements au titre des monuments historiques en 1889 puis en 1949.

Il s’agit d’un dolmen simple, orienté est-ouest et ouvert à l’est ; en façade, une dalle dressée et une dalle au sol pourraient être les restes d’un portique, classant éventuellement le monument parmi les dolmens de type angevin. La chambre rectangulaire mesure 4,30 m de longueur, 2,40 à 2,65 m de largeur et 1,70 à 1,90 m de hauteur. Elle est délimitée au sud par un orthostate unique de 4,65 m de long et 1,75 à 1,90 m de haut, estimé à environ 8,5 tonnes, et au nord par quatre petites dalles d’environ 1,25 m de long et 1,55 à 1,70 m de haut en moyenne. Le chevet se compose de deux dalles larges de 1,25 m chacune, hautes respectivement de 1,50 m et 1,15 m ; l’espace laissé sous la table de couverture devait vraisemblablement être comblé à l’origine par de petits blocs. La chambre n’est couverte que par une seule table de 4,70 m sur 4 m, d’environ 0,50 m d’épaisseur et estimée à 16 tonnes. D’après les cultivateurs, le sol de la chambre était autrefois recouvert d’un lit de galets, peut‑être en provenance de la Juine distante d’environ 750 m, portant des traces de combustion.

L’antichambre est aujourd’hui complètement ruinée ; selon Adrien de Mortillet, elle aurait été bordée par deux orthostates — l’un encore debout au nord, l’autre renversé en travers de l’entrée au sud — et aurait mesuré approximativement 1,15 m de long, 1,40 m de large et 1,20 m de haut. L’antichambre était couverte par une seule table désormais brisée, dont un fragment gît en avant de l’édifice. Toutes les dalles du monument sont en grès de Fontainebleau, dont des affleurements se trouvent à moins de 200 m du dolmen. L’amas de pierres qui recouvrait l’édifice jusqu’au milieu du XIXe siècle correspond probablement à une partie du tumulus d’origine, complétée ensuite par les pierres issues de l’épierrement des champs voisins.

Sur l’arrière de la table de couverture se lisent des rainures que Delessard interpréta comme les sillons d’un polissoir ; leur taille et leur disposition suggèrent toutefois des gravures abstraites. Lors du vidage de la chambre, les cultivateurs auraient mis au jour plusieurs squelettes : Delessard évoque une douzaine d’individus, tandis que Tomasi mentionne sept squelettes d’adultes disposés côte à côte, la tête orientée à l’est, et un squelette d’enfant. Delessard ne releva que des cendres, des débris d’ossements, une lame et quelques silex ; tout ce mobilier est aujourd’hui perdu, mais la meule dormante signalée par Delessard (0,75 m × 0,62 m × 0,35 m) est conservée depuis 1989 au Musée départemental de Préhistoire d’Île‑de‑France à Nemours.

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