Construction du dolmen Néolithique (vers 4500-3000 av. J.-C.) (≈ 3750 av. J.-C.)
Édification comme sépulture collective
Moyen Âge
Première mention historique
Première mention historique Moyen Âge (≈ 1125)
Site connu dans un paysage agricole
1912-1913
Premières explorations
Premières explorations 1912-1913 (≈ 1913)
Fouilles préliminaires non approfondies
1926
Fouille complète par Bernard Bottet
Fouille complète par Bernard Bottet 1926 (≈ 1926)
Découverte de 100 individus et mobilier
19 octobre 1932
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 19 octobre 1932 (≈ 1932)
Protection officielle du site
1970-1971
Restauration du monument
Restauration du monument 1970-1971 (≈ 1971)
Travaux de consolidation des dalles
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le dolmen, sis dans la forêt de l'Isle-Adam, au lieudit La Plaine des Lances, sur un plateau entre la route du saut du loup de Prérolles et la route du fond d'Enfer, à peu de distance du domaine des Forgets : classement par arrêté du 5 juillet 1932
Personnages clés
Bernard Bottet - Archéologue
Fouilleur du site en 1926
Paul de Mortillet - Préhistorien
Étudia le site sans fouille
Fouju - Chercheur
S’intéressa au dolmen (début XXe)
Bossavy - Chercheur
Contribua à l’étude préliminaire
Origine et histoire du dolmen de la Pierre Plate
Le dolmen de la Pierre-Plate, aussi appelé allée couverte de la Pierre-Plate, est un monument mégalithique édifié au Néolithique près de Presles (Val-d'Oise), dans l’actuelle forêt de l’Isle-Adam. Connue depuis le Moyen Âge, cette sépulture collective fut initialement repérée dans un paysage agricole avant d’être englobée par la forêt. Son architecture typique — une chambre de 10,90 m de long précédée d’une antichambre — en fait un exemple remarquable des allées couvertes d’Île-de-France. Les dalles en calcaire et grès locaux supportaient à l’origine cinq tables de couverture, dont trois subsistent aujourd’hui.
Les premières explorations scientifiques eurent lieu en 1912-1913, suivies d’études par Paul de Mortillet, Fouju et Bossavy, sans fouilles approfondies. Ce n’est qu’en 1926 que Bernard Bottet entreprit une fouille complète, révélant une centaine d’individus inhumés, des crânes trépanés (avec traces de guérison) et des ossements d’animaux (cerf, sanglier, bœuf). Le monument, classé Monument Historique en 1932, fut restauré en 1970-1971. Son mobilier — dont 285 éclats de silex — est conservé au Musée départemental de Préhistoire d’Île-de-France.
La chambre funéraire, dallée et orientée sud-ouest/nord-est, abritait des dépôts de cendres et des ossements organisés (fagots de os longs, regroupements de crânes), suggérant des rites funéraires structurés. L’antichambre, non dallée, était comblée de terre dès le Néolithique. La dalle d’entrée, percée d’une ouverture rectangulaire, comportait un système de verrouillage à bâtons et une cavité interprétée comme un réceptacle pour lampe. Les fouilles confirmèrent une réutilisation prolongée du site, avec des remblais intentionnels et des objets introduits involontairement.
L’étude des traces de trépanations et de fractures consolidées sur les squelettes révèle des pratiques médicales avancées pour l’époque. Le dolmen, construit à 85 m d’altitude sur un plateau, illustre l’importance des nécropoles collectives dans les sociétés néolithiques, où les monuments servaient à la fois de lieu de mémoire et de marqueur territorial. Son classement et sa restauration au XXe siècle en font aujourd’hui un site clé pour comprendre le mégalithisme en Île-de-France.