Dolmen de la Pierre Tournante à Nogent en Haute-Marne
Patrimoine classéPatrimoine CeltiqueDolmens
Dolmen de la Pierre Tournante à Nogent
D107 Forêt de Marsois
52800 Nogent
52800 Nogent, D107 Forêt de Marsois
Frise chronologique
Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
2300 av. J.-C.
2200 av. J.-C.
…
0
1800
1900
2000
Néolithique (vers 2500-2000 av. J.-C.)
Construction du dolmen
Construction du dolmen Néolithique (vers 2500-2000 av. J.-C.) (≈ 2250 av. J.-C.)
Le dolmen est érigé par une société préhistorique pour servir de sépulture collective, typique de la culture campaniforme.
1875-1876
Fouilles du Père Bonaventure
Fouilles du Père Bonaventure 1875-1876 (≈ 1876)
Des fouilles dirigées par le Père Bonaventure révèlent des outils en silex, des céramiques et des ossements humains.
Révolution française (fin XVIIIe siècle)
Légendes macabres
Légendes macabres Révolution française (fin XVIIIe siècle) (≈ 1895)
Selon des récits, la pierre aurait été utilisée pour des exécutions sommaires pendant l'occupation alliée en France.
1949
Classement monument historique
Classement monument historique 1949 (≈ 1949)
Le dolmen est classé par le Ministère de l'Éducation nationale après des fouilles approfondies.
1982
Dégâts et nouvelles découvertes
Dégâts et nouvelles découvertes 1982 (≈ 1982)
Un défrichage au bulldozer endommage le site, mais permet de découvrir de nouveaux artefacts.
Début XXe siècle
Vandalisme du bûcheron
Vandalisme du bûcheron Début XXe siècle (≈ 2004)
Un bûcheron déplace partiellement la table de couverture pour un pari, endommageant le monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Arthur Daguin
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Père Bonaventure
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Michel Derelle
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Origine et histoire du dolmen de la Pierre Tournante
Le dolmen de la Pierre Tournante, également connu sous les noms de Pierre Branlante ou dolmen de Marsois, est un monument mégalithique emblématique situé sur la commune de Nogent, dans le département de la Haute-Marne. Datant du Néolithique, plus précisément de la période campaniforme (vers 2500-2000 av. J.-C.), ce dolmen est un exemple remarquable de l'architecture funéraire de cette époque. Bien que son créateur exact reste inconnu, il est le fruit d'une société préhistorique qui a marqué le paysage par ses constructions monumentales destinées à abriter les défunts et à symboliser des croyances religieuses ou sociales.
Au fil des siècles, le dolmen a été le témoin de nombreux événements historiques. Selon des récits rapportés par Arthur Daguin dans son ouvrage *Itinéraire descriptif*, la Pierre Tournante aurait été le lieu d'exécutions sommaires pendant la Révolution française, lorsque les alliés étaient en France. Cette période tumultueuse a laissé une empreinte sombre sur le monument, qui a été associé à des légendes locales macabres. En 1875 ou 1876, le Père Bonaventure, un capucin en mission pour la canonisation du Père Honoré de Chaumont, a fouillé le dolmen sous l'impulsion de Daguin. Ces fouilles ont révélé des outils en silex, des fragments de céramique et des ossements humains, confirmant son usage funéraire.
Un épisode plus récent et moins glorieux a marqué l'histoire du dolmen. Au début du XXe siècle, un jeune bûcheron a tenté de renverser la table de couverture du dolmen pour un pari dont l'enjeu était deux litres de vin. Grâce à un système ingénieux de rouleaux, de coins et de leviers, il a partiellement réussi son entreprise, déplaçant la table d'environ 75 centimètres vers l'est. Cet acte de vandalisme a altéré l'intégrité du monument, mais n'a pas entamé son aura mystérieuse. En 1949, le dolmen a été classé au titre des monuments historiques par le Ministère de l'Éducation nationale, après des fouilles approfondies menées entre 1941 et 1948 dans la forêt du Marsois.
Le dolmen de la Pierre Tournante est également riche en folklore. Une légende locale raconte que la table de couverture ferait un tour complet sur elle-même tous les cent ans. Selon cette croyance, poser la main sur la pierre permettrait de ressentir son mouvement de rotation. Cette tradition orale ajoute une dimension mystique au monument, qui continue d'attirer les visiteurs et les chercheurs en quête de traces du passé.
En 1982, le site a subi des dommages importants à la suite d'un défrichage réalisé au bulldozer. Cependant, l'examen des déblais a permis de découvrir de nouveaux artefacts, notamment des outils en silex, une meule dormante en grès et un bouton en os, confirmant l'attribution du dolmen à la culture campaniforme. Ces découvertes ont enrichi notre compréhension de la vie et des pratiques funéraires des sociétés néolithiques de la région.