Frise chronologique
Néolithique
Construction des dolmens
Construction des dolmens
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction estimée
1866
Fouilles initiales
Fouilles initiales
1866 (≈ 1866)
Par la Société polymathique du Morbihan
1889
Double classement MH
Double classement MH
1889 (≈ 1889)
Premier classement des dolmens et de Kériaval
1899-1901
Restauration par Le Rouzic
Restauration par Le Rouzic
1899-1901 (≈ 1900)
Travaux de consolidation du site
1922
Découverte de gravures
Découverte de gravures
1922 (≈ 1922)
Dalle aux haches emmanchées trouvée
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen de Mané-Bras dit Roh-Vras (cad. F 369) : classement par arrêté du 12 mars 1923
Personnages clés
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue et restaurateur |
Fouilles et restaurations en 1899, 1901, 1922 |
| Abel Maître - Mouleur archéologique |
Moulages des gravures en 1866 |
| Dryden - Observateur (1868) |
Mention de traces colorées (invalidées) |
Origine et histoire
Les dolmens de Mané-Kerioned forment un ensemble de trois dolmens à couloir situés à Carnac, dans le Morbihan, datant du Néolithique. Classés Monuments Historiques en 1889, ils furent initialement fouillés en 1866 par la Société polymathique du Morbihan sous les noms de « dolmens de Kiaval A, B et C ». Ces structures étaient à l’origine englobées dans un même tumulus allongé, dont la base était délimitée par de gros blocs. Leur orientation particulière distingue cet ensemble : les dolmens n°1 et n°2 s’ouvrent au sud, tandis que le dolmen central (n°3), perpendiculaire aux autres, s’ouvre à l’est.
Lors des fouilles de 1866, le dolmen A livra des fragments de poteries, des outils en silex, une hache en fibrolithe et des fossiles de coquillages, tandis que le dolmen B révéla des ossements, des grains en terre cuite et un rognon de quartz rouge. Le dolmen C, plus modeste, ne contenait que quelques poteries et un couteau en silex. En 1922, Zacharie Le Rouzic découvrit une dalle gravée de deux haches emmanchées dans le tumulus lors d’une restauration. Les gravures de huit orthostates du dolmen B, initialement interprétées comme des peintures par Dryden en 1868, furent ultérieurement identifiées comme des traces de matériaux modernes.
Le site fut restauré à plusieurs reprises, notamment par Zacharie Le Rouzic en 1899, 1901 et 1922. Les dolmens, construits en granite, présentent des caractéristiques architecturales distinctes : le dolmen A (8,50 m de long) et le dolmen B (10 m), les plus imposants, possèdent des chambres dallées reposant sur des lits de galets, tandis que le dolmen C (6 m), plus bas, est entièrement recouvert de trois larges dalles. Leur mobilier archéologique, conservé par la Société polymathique, témoigne de pratiques funéraires et rituelles complexes.
Le toponyme Mané-Kerioned, signifiant « la butte aux lutins » en breton, renvoie au folklore local associant ces monuments aux Korrigans (ou Kerions), créatures mythiques censées habiter les dolmens. Cette appellation reflète l’imaginaire populaire breton, où les mégalithes étaient souvent perçus comme des lieux magiques ou habités par des esprits. Le site, fouillé et étudié dès le XIXe siècle, illustre l’importance des recherches archéologiques dans la compréhension des sociétés néolithiques de Bretagne.
Les dolmens de Mané-Kerioned furent classés deux fois en 1889 : une première fois en tant que tels, une seconde avec le dolmen voisin de Kériaval. Leur protection précoce souligne leur valeur patrimoniale exceptionnelle. Les restaurations successives, bien que controversées pour certaines interventions, ont permis de préserver ces structures fragiles, aujourd’hui emblématiques du patrimoine mégalithique carnacois et breton.