Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'édification estimée du monument.
1819
Première mention par l'abbé Mahé
Première mention par l'abbé Mahé
1819 (≈ 1819)
Description initiale du site déjà dégradé.
1852
Plan dressé par P. Lucas
Plan dressé par P. Lucas
1852 (≈ 1852)
Relevé topographique du dolmen.
1865
Publication de Davy de Cussé
Publication de Davy de Cussé
1865 (≈ 1865)
Plan et gravures publiés dans son recueil.
1877
Fouilles d'Alphonse Mauricet
Fouilles d'Alphonse Mauricet
1877 (≈ 1877)
Aucun matériel archéologique retrouvé.
29 octobre 1979
Classement monument historique
Classement monument historique
29 octobre 1979 (≈ 1979)
Protection officielle du dolmen.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen de Pen-Hap (cad. E 33) : classement par arrêté du 29 octobre 1979
Personnages clés
| Abbé Mahé - Erudit local |
Premier à décrire le site en 1819. |
| P. Lucas - Topographe |
Auteur d'un plan en 1852. |
| Lukis - Relevé des gravures |
Travaux non diffusés en 1854-1869. |
| Davy de Cussé - Architecte et archéologue |
Publication des gravures en 1865. |
| Alphonse Mauricet - Fouilleur du site |
Fouilles infructueuses en 1877. |
| Serge Cassen - Archéologue contemporain |
Interprétation des gravures (calamar, cachalot). |
Origine et histoire
Le dolmen de Penhap, édifié au Néolithique, est implanté au sud de l'Île-aux-Moines dans le Morbihan. Ce site mégalithique se compose d’une chambre funéraire quadrangulaire, délimitée par neuf orthostates supportant une table de couverture de 4,8 m de long. Un couloir coudé, partiellement conservé, précède cette chambre. Les premières mentions du monument remontent à 1819, lorsque l’abbé Mahé le décrit comme une série de tombelles surmontées d’un menhir pyramidal, déjà partiellement détruit à cette époque.
Dès le XIXe siècle, le dolmen attire l’attention des érudits : P. Lucas en dresse un plan en 1852, tandis que Lukis relève ses gravures en 1854 et 1869, sans toutefois diffuser ses travaux. En 1865, Davy de Cussé publie un plan du dolmen et un relevé de deux gravures dans son Recueil des signes sculptés. La chambre, occupée par une famille de pêcheurs au cours du XIXe siècle, est fouillée en 1877 par Alphonse Mauricet, sans découverte archéologique notable. Ces gravures, interprétées comme une « hache dans sa gaine » ou un « poignard » par les premiers chercheurs, font encore débat aujourd’hui.
Les motifs gravés sur l’orthostate C1, à l’entrée de la chambre, sont particulièrement remarquables. La face interne présente un dessin rare, assimilé à une hache ou, plus récemment, à un calamar par Serge Cassen. La face externe arbore quant à elle une « hache-charrue », motif récurrent dans les mégalithes du Morbihan (Gavrinis, Mané Lud, etc.). Ces interprétations reflètent l’évolution des hypothèses sur l’art mégalithique, entre symboles utilitaires et représentations animales. Le dolmen est classé monument historique par arrêté du 29 octobre 1979, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale exceptionnelle.
Les fouilles et études successives soulignent l’importance du site dans le paysage mégalithique breton. Les comparaisons avec d’autres monuments, comme le cairn de Gavrinis ou le site de Kermorvan, révèlent des similitudes stylistiques qui interrogent les échanges culturels au Néolithique. Malgré les dégradations subies au fil des siècles, le dolmen de Penhap reste un témoignage majeur des pratiques funéraires et artistiques de cette époque, tout en alimentant les débats sur la signification de ses gravures.