Origine et histoire du dolmen de Runesto
Le dolmen de Runesto, également connu sous le nom d’Er Roc'h, est un édifice mégalithique situé à Plouharnel, dans le Morbihan. Ce monument, daté du Néolithique, illustre les pratiques funéraires et culturelles des sociétés préhistoriques de la région. Jusqu’en 1845, il abritait même l’atelier d’un forgeron, révélant une réutilisation tardive du site. Classé parmi les premiers monuments historiques français dès 1889, il a été fouillé en 1866 par la Société polymathique du Morbihan, mettant au jour des artefacts significatifs.
La structure du dolmen est partiellement enfouie dans un tumulus aujourd’hui arasé, et son couloir d’accès a disparu. La chambre funéraire, de forme sub-circulaire, est délimitée par huit orthostates et recouverte d’une table de couverture ornée de trois cupules alignées. Deux blocs dressés, visibles à proximité, pourraient appartenir à l’édifice d’origine. Le mobilier archéologique découvert comprend cinq haches en pierre polie, dont une en jadéite de 27 cm, ainsi que des outils en fibrolithe, attestant de l’importance rituelle et artisanale du site.
En 1996, l’archéologue Serge Cassen a révélé des gravures rupestres exceptionnelles sur les dalles du dolmen. La dalle C4 présente une hache à manche en volute et quatre crosses, tandis que la dalle C5 arbore une hache similaire, un arc, une flèche et un signe en « U ». La table de couverture, réemployée depuis une stèle extérieure, porte un motif évoquant un écusson. Ces gravures, associées au mobilier funéraire, soulignent le rôle symbolique et religieux du dolmen dans la société néolithique.
Le site, localisé précisément à Runesto (5170, 56340 Plouharnel), bénéficie d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889, sous la référence cadastrale F 242. Bien que partiellement altéré par des aménagements modernes, comme un escalier d’accès, il reste un témoignage majeur du mégalithisme breton. Les photographies anciennes de Zacharie Le Rouzic (1864–1939), sous licence Creative Commons, documentent son état passé, tandis que sa localisation actuelle est évaluée comme « passable » (niveau 5/10) en termes de précision cartographique.