Frise chronologique
-3497 à -3053 av. J.-C.
Période d'utilisation néolithique
Période d'utilisation néolithique
-3497 à -3053 av. J.-C. (≈ 3275 av. J.-C.)
Datation par radiocarbone des vestiges.
1876
Première mention par R.-F. Le Men
Première mention par R.-F. Le Men
1876 (≈ 1876)
Découverte et fouille sommaire par Kerret.
1878
Don à la Société archéologique
Don à la Société archéologique
1878 (≈ 1878)
Acquisition et pose d’une borne.
1929-1930
Renforcement de la structure
Renforcement de la structure
1929-1930 (≈ 1930)
Ajout d’un pilier de maçonnerie.
1990-1991
Fouilles et restauration
Fouilles et restauration
1990-1991 (≈ 1991)
Campagnes dirigées par Michel Le Goffic.
18 septembre 1995
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 septembre 1995 (≈ 1995)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen, ainsi que la parcelle C 626 (sol, sous-sol et bâtiments) sur laquelle il est situé : inscription par arrêté du 18 septembre 1995
Personnages clés
| R.-F. Le Men - Archéologue |
Première mention du dolmen (1876). |
| R. de Kerret - Propriétaire et mécène |
Achat et fouille sommaire en 1876. |
| Jean L'Helgouach - Archéologue |
Étude des sépultures en V (1965). |
| Michel Le Goffic - Archéologue |
Fouilles et restauration (1990-1991). |
| Pierre-Roland Giot - Archéologue |
Première demande de classement (1956). |
Origine et histoire
Le dolmen de Ty-ar-Boudiged, aussi appelé dolmen de la Maison des Fées, est un édifice mégalithique rare dans le centre du Finistère, bien que courant dans le sud de la région. Classé comme sépulture en V, il se distingue par une chambre funéraire s’élargissant progressivement de 1,20 m à l’entrée à 2,20 m au fond, recouverte de trois dalles massives, dont une de 40 tonnes. Le tertre piriforme, entouré d’un péristalithe partiellement détruit, abrite des traces d’orthostates et une architecture complexe, typique des transitions entre dolmens à couloir et allées couvertes.
Découvert au XIXe siècle, le dolmen est mentionné pour la première fois en 1876 par R.-F. Le Men, puis acquis par R. de Kerret pour sa conservation. Ce dernier y mène une fouille sommaire, découvrant des tessons d’un vase décoré, aujourd’hui au musée de Quimper. En 1878, le monument est cédé à la Société archéologique du Finistère, qui y appose une borne commémorative. Au XXe siècle, des campagnes de restauration (1929-1930, 1990-1991) et des études architecturales (Jean L’Helgouach, Michel Le Goffic) précèdent son classement comme Monument Historique en 1995. Les fouilles révèlent un mobilier néolithique (vases, outils en silex, céramiques campaniformes) datant de -3497 à -3053 av. J.-C.
Le folklore local associe le dolmen aux korrigans (lutins bretons) ou à des nains en guerre contre des géants. Une légende raconte qu’il serait la tombe d’un géant plié en neuf pour y entrer, bien que cette croyance puisse concerner un autre site proche, le Bez-Guevrel. Le monument, symbole de protection des fiancés, illustre les croyances animistes et les pratiques sociales de la Protohistoire armoricaine. Propriété du département du Finistère depuis 1987, il est aujourd’hui accessible au public.
L’architecture du dolmen révèle une technique sophistiquée : les orthostates inclinés vers l’intérieur, la dalle de chevet subtrapézoïdale, et un pilier central énigmatique, peut-être une stèle ou une cloison. Le tertre, bien que tronqué par l’agriculture, conserve des traces d’un péristalithe en croissant, suggérant une extension initiale plus large. Les hypothèses de Michel Le Goffic évoquent soit un orthostate brisé, soit une cella postérieure, commune à d’autres monuments similaires. Les analyses au radiocarbone confirment une utilisation au Néolithique final, dans un contexte de sédentarisation et de pratiques funéraires collectives.
Le dolmen incarne la transition entre les traditions mégalithiques armoricaines et les influences campaniformes, visibles dans les gobelets décorés découverts sur place. Son état de conservation exceptionnel, malgré les pillages anciens, en fait un témoin clé de l’évolution des sépultures entre -3500 et -3000 av. J.-C. La restauration des années 1990, précédant son ouverture au public, a permis de stabiliser la table de couverture fissurée et de documenter précisément son architecture, tout en préservant son authenticité.