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Dolmen de Villard au Lauzet-Ubaye au Lauzet-Ubaye dans les Alpes-de-Haute-Provence

Patrimoine classé Patrimoine Celtique Dolmens

Dolmen de Villard au Lauzet-Ubaye

  • D7
  • 04340 Le Lauzet-Ubaye
Crédit photo : Photofan - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
04340 Le Lauzet-Ubaye, D7

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
1500 av. J.-C.
1800
1900
2000
Néolithique
Construction du dolmen
Chalcolithique récent à âge du bronze moyen
Période d'utilisation prolongée
1894
Découverte et signalement
1900
Classement monument historique
1950
Fouilles superficielle par E. Derbez
1980-1983
Campagnes de fouilles de Gérard Sauzade
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen de Villard (cad. 663) : classement par liste de 1900

Personnages clés

David Martin - Professeur à Gap Découvreur du dolmen en 1894
Gabriel de Mortillet - Préhistorien A signalé le dolmen en 1894
E. Derbez - Maire du Lauzet-Ubaye et propriétaire Fouilles superficielle en 1950 sur le site
Gérard Sauzade - Archéologue Dirigea les fouilles de 1980 à 1983

Origine et histoire du dolmen de Villard

Le dolmen du Villard, situé sur la commune du Lauzet-Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), a été découvert en 1894 par le professeur David Martin et signalé par Gabriel de Mortillet. C'est le seul dolmen préservé dans cette région alpine, les autres ayant été détruits au XIXe siècle. Classé monument historique en 1900, il appartient aujourd’hui à la commune. Son architecture hybride, combinant des traits des dolmens provençaux (entrée à l’ouest) et alpins (orientation nord-sud), en fait un témoignage rare des pratiques funéraires néolithiques locales.

La structure se compose d’une chambre rectangulaire délimitée par six orthostates massifs, surmontée d’une table triangulaire reposant sur trois dalles. Le sol, recouvert de dalles de schiste et de marne, ainsi que les interstices colmatés par des pierres, révèlent une construction soignée. L’entrée, basse et étroite (0,30 à 0,35 m de haut), était obturée par une dalle trapézoïdale en schiste vert. Le couloir, long de 1,50 m, orienté plein ouest, contenait des ossements humains et animaux, ainsi qu’un tesson de poterie, suggérant des rituels funéraires complexes.

Le tumulus, partiellement démantelé pour les cultures agricoles, a conservé sa partie ouest, constituée de blocs entassés. Les fouilles archéologiques (1980-1983) dirigées par Gérard Sauzade ont révélé que le dolmen avait été érigé sur une aire de combustion de 9 à 10 m de diamètre, interprétée comme une purification ou un défrichement préalable. La chambre a abrité les dépouilles d’une vingtaine d’individus, dont des enfants, avec des traces de combustion osseuse et des charbons, indiquant des rituels impliquant le feu à l’intérieur même de la sépulture.

Le mobilier funéraire découvert inclut des tessons de céramique décorés (style campaniforme), un brassard d’archer, un poignard en cuivre, des perles en os et calcaire, et des outils en silex. Des objets en bronze, comme une bague spiralée et une épingle, attestent d’une réutilisation du site à l’âge du bronze moyen. Les ossements animaux (bœuf, chien, ovicaprinés) suggèrent des offrandes rituelles, notamment deux vertèbres de bœuf en connexion déposées sur le cairn. Ces éléments illustrent une utilisation prolongée du dolmen, du Chalcolithique récent à l’âge du bronze.

Les premières fouilles, menées en 1950 par E. Derbez (alors maire et propriétaire du terrain), n’avaient livré que quelques ossements. Les campagnes de Sauzade ont permis de sauver des vestiges grâce à l’effondrement partiel du chevet, préservant des connexions anatomiques et des crânes. Le dolmen, aujourd’hui propriété communale, reste un site clé pour comprendre les pratiques funéraires et symboliques des sociétés néolithiques et protohistoriques des Alpes du Sud.

Liens externes

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