Frise chronologique
Néolithique (période du Chasséen)
Construction du complexe mégalithique
Construction du complexe mégalithique
Néolithique (période du Chasséen) (≈ 4100 av. J.-C.)
Dolmen et tumulus érigés selon les rites funéraires.
1835
Première description par Arcisse de Caumont
Première description par Arcisse de Caumont
1835 (≈ 1835)
Mention d’un couloir aujourd’hui disparu.
1902
Disparition des dalles du couloir
Disparition des dalles du couloir
1902 (≈ 1902)
Dalles déjà absentes à cette date.
4 novembre 1931
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
4 novembre 1931 (≈ 1931)
Protection officielle du dolmen et tumulus.
1963
Fouilles de sauvetage par Bernard Edeine
Fouilles de sauvetage par Bernard Edeine
1963 (≈ 1963)
Découverte d’ossements et structure du cairn.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit Pierre-aux-Bignes, à l'intersection des communes d'Habloville et de Neuvy-au-Houlme : classement par arrêté du 4 novembre 1931
Personnages clés
| Arcisse de Caumont - Historien et archéologue |
A décrit le site en 1835. |
| Bernard Edeine - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1963. |
| Victor Mousset - Auteur et chercheur |
Décrivit le tumulus en 1933. |
Origine et histoire
Le dolmen des Bignes, aussi appelé Pierre des Bignes, est un ensemble mégalithique situé à la limite des communes de Habloville et Neuvy-au-Houlme, dans l’Orne. Ce complexe, datant du Néolithique, comprenait à l’origine un dolmen sous tumulus, un tumulus avec chambres funéraires, et un troisième tumulus aujourd’hui détruit par des travaux agricoles. Ces trois structures formaient un triangle scalène, visible depuis la plaine environnante, et leur nom local bignes signifie bosses en patois, en référence à leur relief.
La chambre sépulcrale du dolmen, de forme rectangulaire, est délimitée par quatre orthostates (dalles verticales), dont trois supportent encore une imposante table de couverture en granite micacé (3,25 m de long, 2,95 m de large, 0,80 m d’épaisseur). Les orthostates sont en granite ou quartzite, tandis que la table présente des rainures naturelles et des cupules, interprétées à tort au XIXe siècle comme des traces de sacrifices. Un petit couloir, mentionné en 1835 par Arcisse de Caumont, menait autrefois à la chambre, mais ses dalles avaient disparu dès 1902.
Le site, pillé depuis longtemps en raison d’une légende locale évoquant un trésor gardé par un génie, a fait l’objet de fouilles en 1963 dirigées par Bernard Edeine. Ces recherches ont révélé que le tumulus était à l’origine un cairn (amas de pierres) non recouvert de terre, entouré d’un mur de parement soigné (2,25 m d’épaisseur). Des ossements humains, appartenant à une douzaine d’individus, y furent découverts, inhumés dans des positions variables, parfois sur des dalles ou dans des fosses aménagées. La datation situerait sa construction au Chasséen (Néolithique moyen).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le tumulus servit de tombe provisoire à des soldats allemands lors des combats de la poche de Falaise. Classé Monument Historique depuis le 4 novembre 1931, le site a subi des dégradations liées aux activités agricoles et aux prélèvements de pierres, altérant partiellement sa structure d’origine. Aucune trace de mobilier funéraire n’a été conservée, en raison des pillages anciens.
Les travaux agricoles ont également modifié le paysage autour du dolmen, créant une cuvette artificielle qui ne reflète pas l’aspect initial du tumulus. Les fouilles de 1963 ont mis en évidence une base argileuse contenant des traces de charbon de bois et des ossements d’animaux, suggérant des pratiques rituelles ou domestiques associées au site. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges partiels de ce complexe funéraire, témoin des traditions mégalithiques normandes.