Origine et histoire du dolmen des Trois Pierres
Le dolmen des Trois Pierres, aussi appelé dolmen du Prieuré ou du Bois-Savary, est un édifice mégalithique situé dans le centre-ville de Saint-Nazaire, sur la place du Dolmen. Il se compose de trois dalles en gneiss formant un trilithe, avec une table de couverture de 3,45 m de long, et d’un menhir en granulite de 4 m de haut, redressé en 1928. À l’origine, le site appartenait au prieuré Saint-Jean-Baptiste de Saint-Nazaire, ce qui explique son nom historique de dolmen du Prieuré. Les premières mentions écrites remontent à 1679, dans une déclaration seigneuriale évoquant des pierres élevées dans l’île du Bois-Savary.
Au XIXe siècle, le dolmen est décrit comme un trilithe remarquable, entouré de vestiges d’une possible allée couverte. Les dessins anciens, comme ceux de Bachelot de la Pylaie (1848), confirment sa disposition actuelle, bien que des destructions et aménagements urbains aient altéré son environnement. Le menhir, initialement couché derrière le dolmen, fut relevé par Marcel Baudouin en 1928, qui nota aussi la présence de cupules sur sa face est. Quatre autres blocs, dont un présumé lec’h, furent identifiés lors de fouilles, mais seuls deux subsistent aujourd’hui.
Classé monument historique en 1889, le dolmen est un rare exemple de mégalithe urbain authentique, conservé au milieu d’un square. Son authenticité, parfois contestée en raison des modifications subies, est défendue par des archéologues comme Jean L’Helgouach, qui soulignent la cohérence des descriptions anciennes. Le site inclut aussi des traces d’un tumulus disparu, renforçant l’hypothèse d’une ancienne allée couverte, typique du mégalithisme armoricain.
La localisation actuelle, à 400 m du port et 1 km de la gare, résulte de l’extension de Saint-Nazaire au XIXe siècle. Le dolmen et le menhir, bien que remaniés, restent des témoins majeurs de la préhistoire locale. Leur préservation en plein centre-ville en fait un cas unique en France, illustrant l’adaptation des vestiges archéologiques à l’urbanisation moderne.