Origine et histoire du dolmen des Trois Pierres
Le dolmen des Trois Pierres, aussi appelé dolmen trilithe, dolmen du Prieuré ou dolmen du Bois-Savary, se situe sur la commune de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Le site comprend par ailleurs un menhir redressé sur place en 1928, dont l’emplacement d’origine reste inconnu. L’ensemble mégalithique occupe la partie sud-ouest d’un petit square nommé place du Dolmen, à l’intersection de la rue du Dolmen et de la rue du Menhir, à environ 400 m à l’ouest du port et à près d’un kilomètre au sud-ouest de la gare. La première mention connue du site apparaît dans la déclaration du seigneur de Marsaint de 1679, qui évoque des pierres élevées dans l’île du Bois-Savary. Une description sommaire figure dans le Dictionnaire de Bretagne d’Ogée (1778) et, en 1801, Jean‑Baptiste Huet livre une description complète du dolmen et du menhir. Le monument est signalé dans de nombreuses publications au cours du XIXe siècle et figurait déjà sur le plan cadastral de 1829. À l’origine il appartenait au domaine clos du prieuré Saint‑Jean‑Baptiste, d’où la dénomination de dolmen du Prieuré dans les documents antérieurs à la Révolution ; il fut aussi appelé dolmen de la Métairie ou du Bois Savary, et Alain de Bizeul a introduit l’appellation dolmen des Trois Pierres. L’aspect actuel est le résultat de destructions et d’aménagements successifs, ce qui a conduit certains auteurs à douter de son authenticité ; cependant les gravures et textes anciens montrent déjà la disposition trilithe des trois dalles bien avant l’urbanisation du secteur, et le monument fut décrit en 1851 comme l’un des trilithes les plus remarquables du pays. René Kerviler, dans une compilation de 1883, présente le dolmen comme un immense trilithe d’environ deux mètres de hauteur et d’une table de 3,40 m, entouré de débris de galerie et conservé au milieu d’une petite place. Le menhir adjacent, longtemps couché derrière le dolmen et absent en position dressée des documents du XIXe siècle et des cartes postales du début du XXe siècle, a été redressé en 1928 par Marcel Baudouin. Le dolmen a été classé au titre des monuments historiques en 1889. Selon Jean L’Helgouach, il est surprenant de mettre en doute l’authenticité de ce vestige, d’autant que de remarquables dessins de Bachelot de la Pylaie en 1848 montrent un monument scrupuleusement respecté par les édiles de la cité. L’édifice se compose de deux orthostates soutenant une dalle horizontale, ce qui lui vaut son nom de dolmen trilithe. Le pilier nord mesure 1,94 m de hauteur pour 1,62 m de largeur maximum, le pilier sud 1,90 m de hauteur pour 2,60 m de largeur maximum, et la table de couverture 3,45 m de long pour 1,80 m de large ; Marcel Baudouin estimait son poids à 7,5 tonnes et les dalles sont en gneiss à tendance micaschisteuse. Les dimensions des orthostates rappellent celles des dolmens angevins et il a été suggéré qu’il pourrait s’agir d’une ancienne allée couverte ; Bizeul signalait encore en 1856 des vestiges du tumulus côté ouest, aujourd’hui disparus. Le menhir, en granulite, mesure un peu plus de 4 m dont 3,30 m hors sol pour 0,95 m de largeur ; après avoir longtemps été couché il fut redressé à l’ouest du dolmen en mai 1928 par Marcel Baudouin, qui en estimait le poids à 5 tonnes et signala la présence de petites cupules et d’entailles sur la face orientée à l’est. Quatre autres blocs épars ont été retrouvés lors des travaux conduits par Baudouin ; initialement déposés près du dolmen, il n’en subsiste aujourd’hui que deux : l’un, placé près du pilier nord, mesure approximativement 2,20 m de longueur sur 1,80 m de largeur et 0,50 m d’épaisseur et pourrait être un ancien pilier ; l’autre, près du pilier sud, mesure 1,30 m sur 1 m et 0,30 m d’épaisseur. Un troisième bloc fut réutilisé par l’armée allemande dans des travaux de maçonnerie à Villès‑Martin pendant la Deuxième Guerre mondiale et le bloc identifié comme présumé lec’h a disparu.