Frise chronologique
Néolithique moyen (vers 4000-3500 av. J.-C.)
Construction initiale
Construction initiale
Néolithique moyen (vers 4000-3500 av. J.-C.) (≈ 3750 av. J.-C.)
Édification des premiers tumulus et chambres funéraires.
1844
Première mention écrite
Première mention écrite
1844 (≈ 1844)
Abbé Michon signale deux tumulus dans sa *Statistique monumentale*.
1874-1876
Fouilles de Chauvet et Lièvre
Fouilles de Chauvet et Lièvre
1874-1876 (≈ 1875)
Découverte de 11 tumulus et artefacts néolithiques.
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection du dolmen B par la liste de 1889.
1971
Nouveau classement
Nouveau classement
1971 (≈ 1971)
Arrêté confirmant la protection du dolmen B.
1991
Inscription de la nécropole
Inscription de la nécropole
1991 (≈ 1991)
Protection de l’ensemble des 11 tumulus.
1998
Fouilles de José Gomez de Soto
Fouilles de José Gomez de Soto
1998 (≈ 1998)
Étude des tumulus B et C, précisions architecturales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit de la Boixe (cad. A 17) : classement par liste de 1889 et par arrêté du 11 mai 1971
Personnages clés
| Abbé Jean-Hippolyte Michon - Historien local |
Auteur de la première description écrite (1844). |
| Gustave Chauvet - Archéologue |
Co-fouilleur des tumulus (1874-1876). |
| Auguste-François Lièvre - Archéologue |
Co-fouilleur, a documenté les sculptures et artefacts. |
| José Gomez de Soto - Archéologue moderne |
Fouilles des tumulus B et C en 1998. |
Origine et histoire
Le dolmen dit de la Boixe fait partie d’une nécropole mégalithique composée de onze tumulus répartis sur les communes de Vervant, Maine-de-Boixe et Cellettes, dans le département de la Charente. Ces monuments, édifiés au Néolithique, s’alignaient sur une crête à 166 m d’altitude, dominant la vallée de la Charente. Quatre tumulus (A, B, G, H) se distinguaient par leur taille imposante, tandis que les autres présentaient des architectures variées : chambres circulaires, quadrangulaires ou polygonales, recouvertes par encorbellement ou par des dalles de couverture. Les fouilles menées entre 1874 et 1876 par Gustave Chauvet et Auguste-François Lièvre révélèrent des vestiges archéologiques (ossements, outils en silex, céramiques) attestant une occupation du Néolithique moyen au Néolithique final (Artenacien).
La première mention écrite des tumulus remonte à la Statistique monumentale de la Charente (1844) de l’abbé Michon, qui en signale deux près de la forêt de Boixe. Chauvet et Lièvre constatèrent que la nécropole comptait initialement une quinzaine de tumulus, dont certains furent démantelés pour récupérer leurs pierres, notamment pour l’empierrement des routes. Parmi les structures les plus remarquables, le tumulus B abrite un couloir desservant deux chambres funéraires, dont une recouverte par la Pierre-des-Fades, une dalle massive de 4,25 m de long. Le tumulus A, aujourd’hui disparu, était connu pour sa Pierre du Sacrifice, une table de couverture de 15 tonnes marquée d’une rainure interprétée à tort comme une rigole pour le sang des sacrifices.
Le dolmen B de la Boixe fut classé Monument Historique dès 1889, puis par arrêté en 1971, tandis que l’ensemble de la nécropole fut inscrit en 1991. Les fouilles modernes, comme celles de José Gomez de Soto en 1998, ont permis de préciser l’organisation des chambres (parements concentriques, dalles gravées) et leur réutilisation au fil des siècles. Le tumulus A, par exemple, servit d’abri aux bergers avant sa destruction, et sa dalle sculptée d’une crosse angoumoisine (caractéristique du Néolithique moyen) fut récupérée pour orner un puits à Vervant. Des moulages de cette sculpture sont conservés aux musées de Poitiers et Bougon.
Le folklore local associe le tumulus A à des légendes de petits hommes velus, censés avoir transporté les blocs de pierre sur leur tête. Ces récits, comme celui de la Pierre du Sacrifice, illustrent la fascination pour ces monuments, souvent interprétés comme des lieux de culte ou de mystères. Les artefacts découverts (haches polies, armatures de flèches, parures) et les structures architecturales (couloirs, cellules dallées) révèlent une société néolithique organisée, maîtrisant la taille de la pierre et pratiquant des rites funéraires complexes. La nécropole de la Boixe reste un témoignage majeur du mégalithisme en Nouvelle-Aquitaine.