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Dolmen dit du Reclus

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  • Talus-Saint-Prix
Dolmen dit du Reclus
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Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Crédit photo : Nicole-christiane Paladini - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
3 novembre 1930
Classement historique
Novembre 1931
Fouilles et restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen dit "du Reclus" : classement par arrêté du 3 novembre 1930

Personnages clés

Abbé Pierre Favret Responsable des fouilles et de la restauration du dolmen en 1931.

Origine et histoire

Le dolmen dit du Reclus est une allée couverte située sur la commune de Bannay, dans la Marne, en Champagne. L'édifice a été classé monument historique par arrêté le 3 novembre 1930. L'abbé Pierre Favret a fouillé et restauré le monument en novembre 1931. Orientée au sud‑ouest, l'allée mesure 5,50 m de longueur et comprend huit orthostates, quatre de chaque côté, ainsi qu'une dalle de chevet qui délimite une chambre intérieure longue de 5,50 m et large de 1,15 m à l'entrée à 1,35 m au fond. L'ensemble est couvert par deux tables de couverture ; la première est elle‑même surmontée d'une dalle supplémentaire appelée la Pierre de Justice. La dalle de chevet, au sommet arrondi en arc de cercle, est plus haute que le reste de l'allée et dépasse d'au moins 0,60 m au‑dessus de la seconde table de couverture. L'allée a été édifiée sur une légère pente de 8 à 10° descendant du nord au sud, au‑dessus d'une couche de chaux de 0,40 à 0,60 m recouverte d'une couche d'argile jaune d'environ dix centimètres. Les orthostates, calés dans ce soubassement, conservent une hauteur intérieure d'environ 1,50 m et ont parfois été doublés extérieurement, comme la dalle n°3 ; les dalles n°3, 4, 7 et 8 constituent les principaux supports des tables de couverture, tandis que les autres, trop courtes, ont été complétées par l'intercalation de pierres. Le sol de la chambre était dallé avec des plaquettes de calcaire sur une épaisseur moyenne de 0,25 à 0,30 m. L'allée est décentrée par rapport à son tumulus et disposée perpendiculairement à l'axe de celui‑ci, de sorte que ses deux extrémités n'étaient pas englobées sous le tumulus mais ouvertes sur l'extérieur. Le tumulus, de forme ovale, mesure 12 m de long sur 5,50 m de large et se compose de trois couches distinctes : une première couche argileuse de vase de marais de 0,25 à 0,35 m, une seconde couche partiellement rubéfiée d'argile blanc‑gris d'environ 0,50 m, puis une dernière couche de moellons en meulière dont le sommet laissait dépasser la dalle de chevet et la surface extérieure de la Pierre de Justice. Un muret en pierres sèches encadrait l'entrée en façade et, avec le soubassement, le monument devait atteindre au maximum 3 m de hauteur au centre. La disposition atypique du tumulus par rapport à l'allée a probablement provoqué un déséquilibre entre les poussées opposées et entraîné, à une époque inconnue, l'effondrement intérieur de l'allée tandis que la dalle de chevet restait en place. Les fouilles de l'abbé Favret ont livré des ossements humains cassés et mêlés, sans connexion anatomique et pour certains portant des traces d'incinération, pour un volume d'environ 1,5 m3, indiquant une utilisation comme ossuaire. Le mobilier funéraire comprenait quelques éléments de parure (deux coquilles percées, une dent de sanglier), un petit outillage formé de deux talons d'emmanchure de hache en andouiller, ainsi que des fragments de céramique provenant de deux vases en argile à pâte grossière et mal cuite. Le mobilier lithique se compose de nombreux silex — éclats, lames brutes et retouchées, un couteau de type Grand‑Pressigny, pointes de flèches à tranchant et pointes en losange avec embryons de pédoncule et d'ailerons — ainsi que de huit haches polies déposées contre les parois intérieures de part et d'autre de l'entrée et d'une neuvième retrouvée à l'extérieur de la chambre. Selon l'abbé Favret, l'ensemble assez homogène des pointes de flèches permet de dater le monument de la fin du Néolithique supérieur.

Liens externes

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