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Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées à Reignier-Ésery en Haute-Savoie

Patrimoine classé
Mégalithes
Pierre
Haute-Savoie

Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées

    1436-1466 Route de la Pierre aux Fées 
    74930 Reignier-Ésery
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées
Crédit photo : Sissssou - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
entre 3200 et 2800 av. J.-C.
Construction estimée
1819
Première mention écrite
1872
Authentification comme dolmen
10 juin 1910
Classement monument historique
2007
Relevé lasergrammétrique
2018
Publication d’une étude récente
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen dit La-Pierre-aux-Fées : classement par arrêté du 10 juin 1910

Personnages clés

P. Vionnet - Photographe et archéologue Premières photos, authentifie le dolmen (1872)
Louis Revon - Archéologue Fouilles et plan détaillé (1878)
Chevalier Aymon de Bellecombe - Personnage légendaire Héros d’une légende locale liée
Fessi, Mayor et Olivier - Archéologues (1879) Découvrent ossements conservés à Genève

Origine et histoire

Le dolmen dit La-Pierre-aux-Fées, aussi appelé Pierre des morts, est un monument mégalithique situé près du hameau de Saint-Ange, sur la plaine des Rocailles à Reignier-Ésery (Haute-Savoie). Ce site morainique, marqué par des blocs erratiques laissés par les glaciers, abrite un dolmen allongé de 4,90 m de long, orienté à l’est. Sa table de couverture en granite du Mont-Blanc pèse près de 40 tonnes, supportée par trois piliers retravaillés, dont deux présentent des cannelures verticales bouchardées. Des dalles couchées aux alentours pourraient correspondre à des vestiges de parement ou d’antennes, typiques des dolmens jurassiens.

Mentionné pour la première fois en 1819 comme un autel druidique, le site est étudié dès 1834 par Burdallet, puis fouillé à plusieurs reprises au XIXe siècle. En 1872, P. Vionnet confirme son statut de dolmen, et en 1878, Louis Revon en publie une description détaillée avec un plan. Les fouilles révèlent principalement des ossements animaux (bovidés), aujourd’hui conservés au Museum de Genève. Classé monument historique en 1910, le dolmen a fait l’objet d’un relevé laser en 2007, confirmant la stabilité de son architecture depuis le XIXe siècle, malgré un décaissement du sol postérieur à son classement.

Deux légendes locales expliquent son origine : l’une évoque le chevalier Aymon de Bellecombe, aidé par des fées pour transporter les pierres avant l’aube afin d’épouser Alice, fille du baron du Châtelet ; l’autre décrit des fées surprises par un orage, construisant un abri avec les blocs erratiques. Ces récits reflètent l’imaginaire populaire associé aux mégalithes, souvent liés à des interventions surnaturelles.

Daté entre 3200 et 2800 av. J.-C. grâce à quelques artefacts, le dolmen illustre les pratiques funéraires néolithiques. Son architecture suggère une réutilisation de dalles préexistantes, peut-être issues d’un monument plus grand. Les rainures et cannelures des piliers, non parfaitement ajustées à la table, appuient cette hypothèse. Malgré la disparition supposée de trois orthostates (côté nord, sud et est), l’édifice reste stable, témoignant du savoir-faire des bâtisseurs néolithiques.

Le site a inspiré le nom du collège local Pierre-aux-Fées et fait l’objet d’études récentes, comme celle publiée en 2018 dans Nature et Patrimoine en pays de Savoie. Ces recherches soulignent son importance dans le paysage mégalithique savoyard, aux côtés d’autres sites de Haute-Savoie. Le dolmen, bien que partiellement dénué de son tumulus d’origine, conserve une forte valeur patrimoniale et scientifique.

Liens externes