Frise chronologique
Néolithique (vers 4000–2000 av. J.-C.)
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (vers 4000–2000 av. J.-C.) (≈ 3000 av. J.-C.)
Période estimée d'édification par les communautés agro-pastorales.
1827
Première mention écrite
Première mention écrite
1827 (≈ 1827)
François Rever décrit le monument dans ses *Mémoires*.
1832
Publication de Le Prévost
Publication de Le Prévost
1832 (≈ 1832)
Croquis précis et reconnaissance comme dolmen remarquable.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Premier dolmen classé de l’Eure.
1897
Inventaire national des dolmens
Inventaire national des dolmens
1897 (≈ 1897)
Intégré par Léon Coutil dans son recensement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit La Pierre Courcoulée (cad. G 25) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| François Rever - Historien local |
Auteur de la première description détaillée (1827). |
| Auguste Le Prévost - Archéologue |
Publie une étude et un croquis en 1832. |
| Charles-Léopold de Stabenrath - Dessinateur |
Réalise le croquis publié par Le Prévost. |
| Léon Coutil - Président de la Société préhistorique française |
Intègre le dolmen dans l’inventaire de 1897. |
Origine et histoire
Le dolmen dit La Pierre Courcoulée est un monument mégalithique situé sur la commune des Ventes, dans le département de l’Eure, en lisière de la forêt d’Évreux. Sa dalle de couverture, en poudingue, mesure jusqu’à 4,60 m de long pour une épaisseur variant entre 1 m et 1,35 m. Quatre pierres verticales, inégalement enfoncées dans le sol, soutiennent cette table colossale, dont l’inclinaison résulte de l’affaissement partiel d’un des supports au fil des siècles. Le site, entouré d’une végétation dense, porte aussi le nom local de Haut-Bois, évoquant peut-être une ancienne sacralisation des lieux.
La première mention écrite du dolmen remonte à 1827, dans les Mémoires sur les ruines du Vieil-Évreux de François Rever. Ce dernier y décrit une pierre « énorme et brute » de plus de 10 m3, posée sur quatre supports, qu’il associe aux tombes druidiques. Rever note aussi des tentatives de fouilles infructueuses et un basculement progressif de la dalle, attribuable à l’affaissement d’un appui ou à des interventions humaines. En 1832, Auguste Le Prévost, dans sa Notice historique et archéologique sur l’Eure, le qualifie de « plus remarquable » des dolmens locaux et publie un croquis plus précis que celui de Rever, réalisé par Charles-Léopold de Stabenrath.
Le monument suscite un intérêt croissant au XIXe siècle : Louis-Léon Gadebled (1840) et le vicomte de Pulligny (1879) soulignent ses dimensions exceptionnelles. Cette reconnaissance aboutit à son classement parmi les premiers monuments historiques de l’Eure en 1889, sous l’impulsion de la Société préhistorique française. Léon Coutil l’intègre en 1897 dans le premier Inventaire des menhirs et dolmens de France, consolidant son statut de vestige majeur du Néolithique normand. Son état actuel, avec une dalle déséquilibrée, témoigne à la fois de son ancienneté et des altérations subies depuis sa construction.
Les descriptions historiques insistent sur la fonction probable de tombe collective, typique des dolmens néolithiques. Les fouilles anciennes, bien que non documentées en détail, n’auraient livré aucun artefact significatif, conformément à d’autres sites similaires en Bretagne ou Normandie. L’hypothèse d’un usage rituel ou funéraire, liée aux pratiques des communautés agro-pastorales de l’époque (vers 4000–2000 av. J.-C.), reste la plus plausible. Le dolmen illustre ainsi l’ingéniosité des bâtisseurs préhistoriques, capables d’ériger des structures pérennes avec des moyens rudimentaires.
Aujourd’hui, la Pierre Courcoulée reste accessible dans son cadre forestier, bien que sa localisation exacte (13 Rue Alberte Lannesval) soit parfois jugée peu précise par les visiteurs. Son classement précoce et sa mention dans les inventaires du XIXe siècle en font un symbole du patrimoine mégalithique normand, étudié pour son architecture et son histoire mouvementée. Les sources disponibles (Wikipédia, Monumentum) confirment son statut de monument emblématique, malgré l’absence de fouilles récentes.