Frise chronologique
Néolithique (IIIe millénaire av. J.-C.)
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (IIIe millénaire av. J.-C.) (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de l'édification du monument.
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle du site par l'État.
1931
Fouilles et restauration
Fouilles et restauration
1931 (≈ 1931)
Travaux dirigés par Robert Mond.
Années 1980
Dégâts sur les sculptures
Dégâts sur les sculptures
Années 1980 (≈ 1980)
Mutilation des bas-reliefs de la dalle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le dolmen (cad. A 19bis) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Robert Mond - Archéologue |
Dirigea les fouilles et restaura le site en 1931. |
| V.C.C. Collum - Assistante archéologue |
Documenta les fouilles dans un rapport (1938). |
| Baron Surcouf - Propriétaire du site |
Commandita les fouilles de 1931. |
| Jacques Briard - Archéologue |
Étudia les mégalithes d'Ille-et-Vilaine. |
Origine et histoire
La Maison des Fées, aussi appelée Maison des Feins ou Dolmen de Tressé, est une allée couverte située dans la forêt du Mesnil, sur la commune de Tressé en Ille-et-Vilaine. Ce monument mégalithique, daté du Néolithique, se distingue par sa structure allongée de 12 mètres de long, couverte de huit dalles. Il fut classé au titre des Monuments Historiques dès 1889, reconnaissant ainsi son importance patrimoniale précoce. Le site est entouré d’un tumulus ovale, aujourd’hui partiellement disparu, et présente des dalles sculptées de motifs en bas-relief, dont des représentations de seins, symboles souvent associés à des divinités féminines.
En 1931, l’archéologue anglais Robert Mond entreprit des fouilles minutieuses sur le site, à la demande du baron Surcouf, alors propriétaire des lieux. Ces travaux permirent de restaurer partiellement le monument et de mettre au jour des artefacts significatifs : un squelette, des poteries, un collier de perles en stéatite, ainsi qu’un as en bronze datant de l’époque de l’empereur Domitien (Ier siècle apr. J.-C.) et des fragments de fer. Ces découvertes suggèrent une réutilisation ou une fréquentation du site bien après sa construction initiale, durant l’Antiquité romaine. Les fouilles furent documentées par V.C.C. Collum, assistante de Mond, dans un compte-rendu publié en 1938.
Le monument est également marqué par des légendes locales, comme celle des fées ayant offert un pain magique à un fermier voisin. Ce récit folklorique, typique des traditions bretonnes, illustre l’imaginaire associé aux mégalithes, souvent perçus comme des lieux habités par des êtres surnaturels. Les sculptures de la dalle de chevet, aujourd’hui partiellement mutilées, renforcent ce mystère. Une borne en ciment, installée près du site lors des fouilles de 1931, commémore les travaux de Mond et Collum avec l’inscription : « Fouillé et restauré en 1931 / P.L. Mond VCC’ Collum ».
Architecturalement, l’allée est orientée nord-nord-ouest/sud-sud-est et délimitée par dix-neuf orthostates (pierres dressées) et une dalle de chevet. Sa couverture, composée de huit dalles, protégeait à l’origine une chambre funéraire, aujourd’hui en partie ruinée. Les dimensions actuelles du monument sont de 15 mètres de longueur, 2,30 mètres de largeur et 1,30 mètre de hauteur, selon les sources les plus récentes. Les motifs sculptés, interprétés comme des symboles de la « Grande Déesse », témoignent de pratiques culturelles et religieuses complexes durant le troisième millénaire avant notre ère.
La Maison des Fées s’inscrit dans un ensemble plus large de mégalithes protégés en Ille-et-Vilaine, reflétant l’importance de cette région dans l’étude du Néolithique breton. Les travaux de Jacques Briard et Loïc Langouët, parmi d’autres archéologues, ont contribué à documenter ce patrimoine, soulignant son rôle dans les rites funéraires et les croyances de l’époque. Aujourd’hui, le site reste un lieu de visite et d’étude, bien que son accès et sa conservation soulèvent des questions, comme en témoigne la précision « très insuffisante » attribuée à sa localisation dans certaines bases de données.