Construction du dolmen Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de l'édification mégalithique.
1889
Classement MH (erroné comme polissoir)
Classement MH (erroné comme polissoir) 1889 (≈ 1889)
Première protection officielle du monument.
1967
Fouille clandestine
Fouille clandestine 1967 (≈ 1967)
Découverte d’ossements et effondrement partiel.
1974
Publication dans l’*Inventaire des mégalithes*
Publication dans l’*Inventaire des mégalithes* 1974 (≈ 1974)
Référence académique par Despriée et Leymarios.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Polissoir du Val d'Avril (cad. B 598 (1ère feuille) ) : classement par liste de 1889
Personnages clés
Gargantua - Géant légendaire
Associé au dolmen par le folklore local.
Jackie Despriée - Archéologue, autrice
Co-auteure de l’inventaire des mégalithes (1974).
Claude Leymarios - Archéologue, auteur
Co-auteur de l’inventaire des mégalithes (1974).
Origine et histoire
Le dolmen du Val d'Avril, surnommé Plat à Gargantua ou dolmen de la Fontaine Plate, est un édifice mégalithique situé à Tripleville, dans le département de Loir-et-Cher. Classé au titre des monuments historiques dès 1889 sous l’appellation erronée de polissoir, il se compose d’une chambre rectangulaire orientée est/ouest (3,70 m x 2,70 m), délimitée par des orthostates en calcaire de Beauce. Une table de couverture sub-trapézoïdale (2,70 m x 1,80 m) est encore en place, tandis qu’une seconde table, probablement située à l’origine côté entrée, a disparu. Des blocs à l’est pourraient être les vestiges d’un portique. Les dalles, transportées depuis un coteau distant de 40 m, témoignent d’un savoir-faire néolithique remarquable.
Le site aurait été fouillé clandestinement en 1967, provoquant l’écroulement d’une dalle interne et la découverte d’ossements humains, dont des crânes. Cette violation a altéré partiellement la structure, déjà fragilisée par le temps. Le dolmen s’inscrit dans un paysage mégalithique local associé à la légende de Gargantua : selon la tradition, le géant, assis entre les clochers de Tripleville, Ouzouer-le-Marché et Verdes, aurait utilisé le site comme plat à soupe, d’où son surnom. À proximité, la Drue à Gargantua (800 m à l’est) représenterait sa quille dans un jeu de bouchon mythique.
La protection du dolmen remonte à la liste de 1889, bien que son classement initial mentionne à tort un polissoir, confusion courante à l’époque pour les mégalithes. Les matériaux, exclusivement en calcaire de Beauce, soulignent l’adaptation des bâtisseurs néolithiques aux ressources locales. Aujourd’hui, le monument illustre à la fois l’ingéniosité technique des sociétés préhistoriques et leur dimension symbolique, entre culte des morts et récits folkloriques persistants.
Les fouilles non autorisées de 1967, bien que destructrices, ont révélé des traces d’inhumations, confirmant la vocation funéraire du dolmen. L’absence de rapports archéologiques détaillés limite cependant la compréhension précise de son usage et de son évolution. Le site reste un témoignage majeur du mégalithisme en Centre-Val de Loire, intégré à un réseau de monuments comparables dans le Loir-et-Cher.
La légende de Gargantua, partagée avec d’autres mégalithes régionaux, ancré le dolmen dans l’imaginaire local. Ce récit, mêlant géographie et mythologie, reflète une volonté ancienne d’expliquer l’origine des pierres par des forces surhumaines. Le dolmen, par sa taille et sa forme, se prête particulièrement à cette interprétation, renforçant son attrait culturel au-delà de sa valeur archéologique.
Enfin, le dolmen du Val d’Avril est cité dans l’Inventaire des mégalithes de France (1974) de Jackie Despriée et Claude Leymarios, ouvrage de référence pour l’étude des sites préhistoriques du Loir-et-Cher. Son état actuel, bien que dégradé, en fait un sujet d’étude pour les archéologues et un lieu de mémoire pour les habitants, entre histoire et légende.
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