Frise chronologique
Ve-IVe millénaire av. J.-C.
Période d'occupation néolithique
Période d'occupation néolithique
Ve-IVe millénaire av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Datation des vestiges et mobilier archéologique.
1883
Première mention par Adrien de Mortillet
Première mention par Adrien de Mortillet
1883 (≈ 1883)
Signalement de quatre dolmens sur le site.
Années 1950
Dommages causés par un tir d'obus
Dommages causés par un tir d'obus
Années 1950 (≈ 1950)
Détérioration partielle du dolmen principal.
1995-1999
Fouilles archéologiques par la DRAC
Fouilles archéologiques par la DRAC
1995-1999 (≈ 1997)
Dirigées par Franck Leandri après désaffectation militaire.
Avril 2016
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
Avril 2016 (≈ 2016)
Première protection officielle du site.
Octobre 2018
Classement au titre des Monuments Historiques
Classement au titre des Monuments Historiques
Octobre 2018 (≈ 2018)
Protection définitive du dolmen et du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen du Mont-Rivinco : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Adrien de Mortillet - Préhistorien |
A signalé le site en 1883. |
| Franck Leandri - Archéologue (DRAC) |
Dirigea les fouilles à partir de 1995. |
Origine et histoire
Le dolmen du Mont-Rivinco fait partie du site archéologique du Monte Revincu, situé dans le désert des Agriates, sur la commune de Santo-Pietro-di-Tenda en Corse. Ce site préhistorique, découvert par Adrien de Mortillet en 1883, comprend des dolmens, des coffres mégalithiques, des cercles de pierre, un menhir et des vestiges d'habitats néolithiques. Les monuments, construits en orthogneiss et granite local, témoignent d’une unité architecturale marquée par des plans rectangulaires et des dalles dressées. Le site, occupé jusqu’au XXe siècle par des bergers, fut également utilisé comme champ de tir militaire jusqu’en 1999.
Le dolmen principal, appelé Casa di l'Orcu, fut endommagé au XXe siècle par des tirs d’obus et des fouilles clandestines, qui détruisirent une partie de sa structure et de son mobilier archéologique. Les fouilles officielles, menées à partir de 1995 par la DRAC sous la direction de Franck Leandri, révélèrent une chambre funéraire recouverte d’une dalle unique, un couloir désaxé et un tumulus ovoïde. Le mobilier découvert, incluant des lames en silex, des tessons de céramique polie et des pendeloques, date du Ve ou IVe millénaire av. J.-C. Le site, classé Monument Historique en 2018, est aussi lié à des légendes locales, comme celle de la Casa di l'Urcu, la « maison de l’ogre ».
Les structures d’habitat, organisées en plates-formes rectangulaires, suggèrent une occupation domestique diversifiée. Les vestiges céramiques et lithiques, majoritairement en quartz local, indiquent des échanges limités avec d’autres régions. Les datations au radiocarbone placent l’occupation du site entre 4340 et 4073 av. J.-C. Les coffres mégalithiques, comme ceux des secteurs A, B et C, livrèrent des armatures de flèches et des outils en obsidienne, confirmant une utilisation funéraire et peut-être rituelle. Le menhir voisin, dressé sur une plateforme compartimentée, complète ce paysage archéologique exceptionnel.
La tradition orale associe le dolmen à des récits folkloriques, comme celui d’un ogre ou d’une ogresse ayant échangé des savoirs culinaires avec les humains. Ces légendes reflètent l’importance symbolique du site pour les communautés locales. Les fouilles ont aussi mis en lumière des cercles de pierre et des structures en terrasses, révélant une organisation spatiale complexe. Malgré les perturbations modernes, le Monte Revincu reste un témoignage majeur de la vie néolithique en Corse, alliant architecture funéraire, habitat et pratiques culturelles.
Le site, aujourd’hui protégé, illustre l’adaptation des sociétés préhistoriques à un environnement montagneux et aride. Les matériaux utilisés, extraits localement, et la réutilisation des structures par les bergers jusqu’au XXe siècle soulignent une continuité d’occupation sur plusieurs millénaires. Les études archéologiques en cours permettent de mieux comprendre les réseaux d’échanges, les techniques de construction et les croyances des populations néolithiques de Méditerranée occidentale.