Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction estimée du monument.
16 avril 1969
Classement monument historique
Classement monument historique
16 avril 1969 (≈ 1969)
Protection officielle par arrêté ministériel.
1972
Menace de destruction
Menace de destruction
1972 (≈ 1972)
Travaux d’aménagement du parking adjacent.
1978
Fouille de sauvetage
Fouille de sauvetage
1978 (≈ 1978)
Découverte d’un mobilier archéologique riche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen (cad. H 1278p) : classement par arrêté du 16 avril 1969
Personnages clés
| Joël Lecornec - Archéologue |
A dirigé les fouilles et publié leurs résultats. |
Origine et histoire
Le dolmen du Port-aux-Moines, aussi nommé dolmen de Men-Maria, est un édifice mégalithique emblématique situé à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le Morbihan. Datant du Néolithique, il appartient à la catégorie des dolmens à couloir, une structure funéraire caractéristique de cette période. Orienté selon un axe sud-ouest/nord-est, il se distingue par une chambre légèrement trapézoïdale de 6,20 mètres de long, divisée en deux parties par un seuil. Son couloir, court et décalé, mène à une chambre dont le dallage, partiellement conservé, révèle des traces d’aménagements anciens. Une partie du monument a été endommagée lors de la construction d’une route voisine, tandis que les limites de son cairn, très érodé, restent indéterminées.
En 1969, le dolmen est classé au titre des monuments historiques par arrêté ministériel, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale. Cependant, son existence est menacée en 1972 par des travaux d’aménagement d’un parking sur le port adjacent. Ces projets motivent une fouille de sauvetage en 1978, dirigée par des archéologues locaux. Les recherches mettent au jour un mobilier funéraire remarquable, incluant des vases à épaulement typiquement armoricains, des outils lithiques (lames, armatures de flèches) et des objets en os (aiguillons fabriqués à partir de dards de raie). Ces artefacts illustrent les pratiques culturelles et artisanales des communautés néolithiques de la région.
Les découvertes archéologiques révèlent un faciès chasséen, suggérant des échanges ou des influences entre les populations armoricaines et d’autres groupes néolithiques. Les vases globuleux et les outils en silex, associés à des vestiges osseux travaillés, témoignent d’une société organisée, maîtrisant des techniques avancées de taille et de poterie. Les publications ultérieures, notamment celles de Joël Lecornec dans le Bulletin de la Société polymatique du Morbihan (1981, 1983), documentent ces fouilles et analysent leur signification pour la compréhension des rites funéraires et de l’occupation humaine dans le golfe du Morbihan.
Aujourd’hui, le dolmen du Port aux Moines reste un site clé pour l’étude du mégalithisme breton. Bien que partiellement altéré par les aménagements modernes, il offre un aperçu précieux des pratiques architecturales et spirituelles du Néolithique. Sa localisation à Saint-Gildas-de-Rhuys, sur la presqu’île de Rhuys, en fait un point d’intérêt majeur pour les chercheurs et les visiteurs s’intéressant au patrimoine préhistorique de la Bretagne.