Frise chronologique
Néolithique récent - Chalcolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique récent - Chalcolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de l'édification du monument.
2011
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
2011 (≈ 2011)
Protection officielle du site archéologique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le site archéologique (cad. AO 41b) : inscription par arrêté du 27 mai 2011
Personnages clés
| Jean Clottes - Archéologue et préhistorien |
A étudié le dolmen et sa stèle aniconique. |
Origine et histoire
Le dolmen du Rat est un édifice mégalithique situé près du hameau de Le Rat, sur la commune de Saint-Sulpice dans le Lot. Ce dolmen simple, daté du Néolithique récent et du Chalcolithique, a conservé son tumulus de 13 mètres de diamètre, constitué de pierres entassées et d’un amas détritique. Une murette de soutènement, haute de 0,85 à 0,90 mètre, part de l’orthostate nord et encercle partiellement le cairn. La chambre funéraire, rectangulaire et orientée est-ouest, est délimitée par des dalles massives enfoncées dans le sol. Son sol était recouvert d’un pavement en opus incertum, complété par une dalle de 1,95 mètre de long, et un seuil formé de quatre pierres. Une stèle aniconique triangulaire, rare mais non unique, est plantée contre l’orthostate gauche, calée par de petites pierres.
La tombe, violée avant les fouilles archéologiques, n’a livré que quelques vestiges : ossements humains fragmentés (rotules, phalanges, dents) et animaux (cheval, mouton), ainsi qu’un mobilier funéraire modeste. Celui-ci inclut 36 perles annulaires (3 en jayet, 33 en calcite), une perle en tonnelet, et des tessons de poterie, majoritairement médiévaux. À l’extérieur, une centaine de tessons plus anciens, peut-être des offrandes, ont été retrouvés sur le tumulus. Le dolmen, inscrit aux monuments historiques en 2011, se distingue par son état de conservation exceptionnel, notamment sa chambre close et son cairn préservé.
L’architecture du dolmen du Rat révèle des techniques de construction sophistiquées pour l’époque, comme le pavage en écailles avancant de l’entrée vers le fond. Jean Clottes, dans ses études, a souligné la rareté de la stèle aniconique, présente aussi dans d’autres dolmens du Lot (Roucadour à Thémines, Pech d’Arsou à Corn). Cette stèle, de forme triangulaire (0,80 m x 0,13 m x 0,38 m), pourrait avoir une signification symbolique ou rituelle. Le site, fouillé et analysé, offre un témoignage précieux des pratiques funéraires et architecturales des communautés néolithiques et chalcolithiques de la région.