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Dolmen dit du Reclus à Talus-Saint-Prix dans la Marne

Marne

Dolmen dit du Reclus

    Route Sans Nom
    51270 Talus-Saint-Prix
Propriété privée
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Dolmen dit du Reclus
Crédit photo : Nicole-christiane Paladini - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
2800 av. J.-C.
2700 av. J.-C.
0
1900
2000
Chalcolithique (fin du Néolithique)
Construction du dolmen
3 novembre 1930
Classement monument historique
Novembre 1931
Fouilles et restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen dit "du Reclus" : classement par arrêté du 3 novembre 1930

Personnages clés

Abbé Pierre Favret - Archéologue et restaurateur Fouilla et restaura le dolmen en 1931.

Origine et histoire

Le dolmen du Reclus, situé sur la commune de Bannay (Marne, Champagne), est une allée couverte datée du Chalcolithique (fin du Néolithique). Classé monument historique le 3 novembre 1930, il fut fouillé et restauré en 1931 par l’abbé Pierre Favret. Son architecture se distingue par une orientation sud-ouest, une longueur de 5,50 m, et deux tables de couverture, dont l’une surmontée d’une dalle appelée Pierre de Justice. La dalle de chevet, arrondie et proéminente, dépasse de 0,60 m au-dessus de l’ensemble.

L’allée repose sur une pente de 8 à 10°, édifiée sur une couche de chaux et d’argile. Elle était initialement recouverte d’un tumulus ovale (12 m × 5,50 m), constitué de trois couches (argile, terre rubéfiée, moellons de meulière). Son positionnement en écharpe par rapport au tumulus, laissant les extrémités ouvertes, aurait causé un effondrement partiel. Un muret en pierres sèches encadrait l’entrée, et le monument atteignait probablement 3 m de hauteur.

Les fouilles de Favret révélèrent un ossuaire collectif : ossements humains fragmentés (1,5 m3), certains incinérés, accompagnés d’un mobilier funéraire modeste (parures en coquille, outils en andouiller de cerf, céramiques grossières). Le mobilier lithique inclut des silex taillés (lames, pointes de flèches losangiques), huit haches polies déposées près de l’entrée, et une neuvième à l’extérieur. Ces artefacts, notamment les pointes de flèches, suggèrent une datation fin du Néolithique supérieur (Chalcolithique).

Le dolmen illustre les pratiques funéraires collectives de cette époque, où les défunts étaient inhumés après décomposition primaire. Son architecture complexe (orthostates calés, dallage intérieur) et son tumulus atypique en font un témoignage rare des constructions mégalithiques champenoises. Les objets découverts, aujourd’hui dispersés, évoquent une société agro-pastorale maîtrisant la taille du silex et le polissage de la pierre.

Liens externes