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Dolmens des Adrets N° 3 de Brignoles dans le Var

Patrimoine classé Patrimoine Celtique Dolmens

Dolmens des Adrets N° 3 de Brignoles

  • Chemin de Candelon
  • 83170 Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Dolmens des Adrets N 3 de Brignoles
Crédit photo : This illustration was made by (User:Royonx) and re - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
83170 Brignoles, Chemin de Candelon

Frise chronologique

Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
XIXe siècle
Époque contemporaine
2000 av. J.-C.
1900 av. J.-C.
0
600
1900
2000
2500-1500 av. J.-C. (environ)
Période d'édification
VIe siècle
Violation du dolmen n°3
1962
Découverte et premières fouilles
1986
Fouille du dolmen n°4
1988
Protection monument historique
1992
Restauration des dolmens 2 et 3
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmens n° 1 et 2 des Adrets (cad. AZ 46) : inscription par arrêté du 22 février 1988

Personnages clés

Georges Bérard - Archéologue Découvreur et fouilleur des dolmens (1962).
Hélène Barge - Restauratrice et archéologue Restauration des dolmens 2 et 3 (1992).

Origine et histoire des dolmens des Adrets N° 3

Les dolmens des Adrets forment un ensemble mégalithique de quatre sépultures collectives situées près de Brignoles, dans le Var. Découverts en 1962 par Georges Bérard, ils furent fouillés la même année (n°1 à 3) et en 1986 (n°4). Leur architecture simple, avec chambres rectangulaires ou carrées et tumulus ovales, reflète des pratiques funéraires du Chalcolithique, avec des inhumations multiples (estimées à 150-200 individus) et un mobilier caractéristique (céramiques campaniformes, parures, armes en silex).

Le dolmen n°4, le plus récent, se distingue par son abondant mobilier funéraire (perles, pendeloques, poignard en silex) et une méthode d'inhumation particulière : les corps, déposés sans sépulture initiale, étaient désarticulés après décomposition pour organiser les ossements par type. Les fouilles ont révélé des traces d'occupation ultérieure, notamment à l'époque romaine, ainsi que des pillages anciens ayant perturbé les couches archéologiques.

Classés monuments historiques en 1988 (inscription pour les n°1-3, classement pour le n°4), ces dolmens illustrent l'évolution des pratiques funéraires entre le Chalcolithique et l'âge du bronze. Leur restauration en 1992 par Hélène Barge a permis de préserver des structures fragiles, comme les murets en pierres sèches ou la table de couverture du dolmen n°4, rare exemple intact dans le Var. Les études anthropologiques (notamment sur les dents du dolmen n°4) ont estimé à 89 le nombre d'individus inhumés, avec une surreprésentation d'enfants de 5 à 10 ans.

L'ensemble s'inscrit dans un paysage collinaire (341 à 352 m d'altitude), dominant la plaine de Brignoles. Les tumulus, de formes et dimensions variables (6 à 12 m de diamètre), étaient construits en pierrailles locales, parfois contenues par des murs à double parement. Leur orientation ouest et leur position sur des sommets suggèrent un choix délibéré lié à des considérations symboliques ou pratiques, comme la visibilité ou la protection contre les crues.

Les fouilles ont mis au jour un mobilier diversifié : céramiques (vase globuleux à décor campaniforme, urne de l'âge du fer), outils lithiques (armatures de flèche, poignard de 17 cm), et éléments de parure (391 colombelles, pendeloques en os ou calcaire). Ces artefacts témoignent de réseaux d'échange étendus et d'une société hiérarchisée, où les dolmens servaient à la fois de lieux de sépulture et de marqueurs territoriaux pour des communautés agro-pastorales.

La violation du dolmen n°3 au VIe siècle, attestée par des tessons de céramique sigillée, révèle une réappropriation tardive de ces sites, peut-être liée à leur caractère monumental. Malgré les perturbations archéologiques (pillages, occupations postérieures), ces dolmens restent une source majeure pour comprendre les rites funéraires et l'organisation sociale du sud-est de la France entre 2500 et 1500 av. J.-C.

Liens externes

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