Origine et histoire
Le domaine d'Artois, situé à cheval sur Mordelles et Talensac en Ille-et-Vilaine, est un ensemble architectural du XVIIe siècle, inscrit aux monuments historiques en 2014. Il remplace un ancien manoir médiéval, La Rivière, siège de la seigneurie d'Artois, et intègre des éléments comme une motte castrale et des douves. Le logis actuel, construit vers 1675, est entouré de dépendances (communs, moulin, orangerie) et d'une chapelle dédiée à sainte Christine, reconstruite au XIXe siècle. L'ensemble reflète l'architecture classique bretonne, avec des façades en moellons de schiste et des toits à croupes.
Le domaine appartenait initialement aux seigneurs d'Artois, puis passa par alliances et ventes aux familles Gougeon (XVe siècle), de la Porte (XVIe siècle), et Rousselet (XVIIe siècle). Ces derniers, dont François-Louis de Rousselet, marquis de Châteaurenault, firent ériger le château actuel. La vicomté d'Artois, créée en 1679, changea ensuite de mains (Comtes d'Estaing, Visdelou, Bourgeois du Marais). Un incendie en 1939 détruisit partiellement l'aile ouest, abritant une bibliothèque de 30 000 ouvrages. Le site, préservé dans un cadre agricole, conserve des traces de son passé seigneurial, comme un enfeu dans l'ancienne église de Mordelles.
L'architecture du domaine illustre le statut social de ses propriétaires, souvent liés au Parlement de Bretagne. Le logis, de plan symétrique avec un corps central et deux ailes, présente des encadrements en pierre calcaire et granite, des lucarnes à frontons, et une terrasse ceinte de douves. La chapelle, située sur une colline, abrite les sépultures des propriétaires. L'orangerie, ajoutée fin XVIIIe – début XIXe siècle, et le moulin, témoignent de l'autonomie économique du domaine. La motte castrale voisine, sur la commune de Talensac, rappelle l'origine médiévale du site.
Classé pour son homogénéité et son état de conservation, le domaine d'Artois incarne l'évolution des résidences aristocratiques bretonnes, passant d'une forteresse médiévale à une demeure d'agrément classique. Son inscription en 2014 couvre l'ensemble des bâtiments, y compris les murs d'enceinte et les parcelles environnantes. Le site, bien que peu connu, est documenté depuis les XIXe et XXe siècles par des érudits locaux, soulignant son importance patrimoniale régionale.