Origine et histoire
Le domaine de Baville, de style Louis XIII, est situé sur la commune de Saint-Chéron ; une partie de son enclos s'étend sur Breuillet et Breux-Jouy (le bois du Boulay), dans l'Essonne, en Île-de-France. La terre de Basville a été achetée en 1559 par Charles de Lamoignon (1514-1572). À la place de l'ancien manoir, son fils Chrétien de Lamoignon (1567-1636), conseiller au Parlement de Paris et futur président à mortier, fit édifier le château actuel entre 1625 et 1629 par Michel Villedo (1598-1667), maître-maçon de Louis XIII ; il s'agit de la première construction connue de Villedo et elle revint au commanditaire à la somme de 45 000 livres. Au Grand Siècle, le domaine accueille une société raffinée : Guillaume Ier de Lamoignon (1617-1677), marquis de Basville, y reçoit des amis et personnalités comme Racine, La Fontaine, Madame de Sévigné, saint Vincent de Paul et Bourdaloue, et c'est à Baville que Boileau composa plusieurs de ses œuvres. Deux ailes en retour, peut-être prévues dès l'origine, sont construites en 1677 pour Chrétien-François Ier de Lamoignon (1644-1709), marquis de Basville et avocat général au Parlement de Paris ; elles respectent le style originel. Les communs sont édifiés en 1769 pour Charles-François de Lamoignon, dans le respect du parti initial alors jugé passablement suranné. La famille de Lamoignon conserve le domaine jusqu'en 1791. Le château est ensuite acquis du marquis Rollin d'Ivry par Philippe Albert Joseph de Saulty, dit Pruvost de Saulty (1765-1833), receveur général du département de Seine-et-Oise et régent de la Banque de France en 1817 ; il meurt au château le 25 novembre 1833. Au début du XIXe siècle, l'aile gauche est détruite et ses matériaux servent à bâtir une orangerie derrière l'aile droite. On rapporte que le château abritait une très riche bibliothèque qui aurait été conservée au British Museum. En 1816, les jardins à la française sont transformés en jardins à l'anglaise, puis rétablis à la fin du XIXe siècle, peut-être par Henri et Achille Duchêne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château sert d'internat pour le lycée Saint-Louis-de-Gonzague. Le château a également été utilisé comme lieu de tournage pour la série L'Internat, diffusée en 2009 sur M6. Le corps de logis principal, qui ferme la cour d'honneur, comprend deux étages et plusieurs corps sur un même alignement. Le corps central, surmonté d'un fronton, est flanqué de deux ailes latérales plus basses, terminées par des pavillons en saillie. Les constructions présentent un chaînage en pierre blanche, des parements en briques rouges et une toiture en ardoises bleues ; seul le corps central est entièrement en pierre, les autres éléments combinant pierre et remplissage en brique. Cet ensemble illustre la première moitié du XVIIe siècle par la division en plusieurs corps et l'association de pierre et brique caractéristique de l'époque. Le château, l'ensemble de ses dépendances, les deux parcs clos de murs et leurs fabriques (cad. A 82, 83, 107, 109 à 113) sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 22 octobre 1990.