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Domaine de Beaulieu à Morancé dans le Rhône

Domaine de Beaulieu


    69480 Morancé
Propriété de la commune ; propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1700
1800
1900
2000
fin du Moyen Âge
Émergence du fief de Beaulieu
1741
Achat par Pierre de Chaponay
1774
Aménagement du jardin ouest
1833-1841
Construction de la chapelle
1946
Transformation en preventorium
2021
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le domaine de Beaulieu (immeubles, clôture, portails, système hydraulique et parcelles) ou Clos de Beaulieu, situé chemin de Trédo, à noter que le château la chapelle et les pavillons d’entrée à l’est sont inscrits en totalité, les maisons de gardiens (entrée ouest) et les communs sont inscrits façades et toitures, le tout situé sur les parcelles n°870 (château, communs et maisons de gardien), n°479 (serve attenante), n°477 (chapelle), n°1176 (jardin régulier, jardin paysager, allées et prés), n°871 et n°872 (parcelles des pavillons d’entrée est), n°473 (bordant route de Chazay), n°474 (sud-est, bordant la Montée de Beaulieu), n°481 (bordant au nord le chemin de Trédo), n°873, n°480 (ancienne serve nord) et n°471 (parcelle nord), le tout figurant au cadastre section B : inscription par arrêté du 1er février 2021

Personnages clés

Famille de Chiel - Seigneurs médiévaux Premiers propriétaires connus du fief.
Pierre de Chaponay - Propriétaire au XVIIIe siècle Commanditaire des transformations majeures.
Guillaume-Marie Delorme - Architecte lyonnais Amenage le jardin en 1774.
Pierre-Anne de Chaponay - Comte restaurateur Époux de Marie-Antoinette Durand de Chatillon.
Marie-Antoinette de Chaponay - Comtesse bâtisseuse Supervise chapelle et entretien du château.
Claude-Anthelme Benoît - Architecte de la chapelle Conçoit la chapelle (1833-1841).

Origine et histoire

Le domaine de Beaulieu, centré autour d’un logis composite, allie les vestiges du château du Trédo (XVe siècle) — avec ses tours rondes à créneaux décoratifs — et un château du XVIIIe siècle orné d’un escalier d’honneur et d’un salon aux boiseries peintes. Les communs, organisés en U autour d’un bassin, et un pigeonnier octogonal (milieu XIXe) reflètent l’évolution architecturale du domaine. À l’ouest, une chapelle familiale (1833-1841), en état précaire, se dresse dans un jardin régulier envahi par la végétation, tandis qu’à l’est, un jardin paysager aux allées arborées mène à deux pavillons d’entrée. Le domaine, clos de murs, illustre les transformations successives d’une seigneurie en résidence aristocratique.

À l’origine, le fief de Beaulieu émerge à la fin du Moyen Âge autour d’un château-fort tenu par la famille de Chiel, puis passe aux Hindret jusqu’au XVIIIe siècle. En 1741, Pierre de Chaponay acquiert le domaine et confie des travaux à l’architecte lyonnais Guillaume-Marie Delorme, dont l’aménagement du jardin ouest en 1774. Après la Révolution, la famille Chaponay, notamment le comte Pierre-Anne et son épouse Marie-Antoinette Durand de Chatillon, entreprend des restaurations, sollicitant peut-être Viollet-le-Duc pour les tours et le bâtiment est. Leur petite-fille, Valentine de Chaponay, et son époux vendent Beaulieu en 1883 à la famille De Champ, sauf la chapelle.

Au XIXe siècle, la comtesse Marie-Antoinette de Chaponay supervise activement la construction de la chapelle (architecte : Claude-Anthelme Benoît) et l’entretien du château. En 1946, la Caisse régionale de sécurité sociale de Lyon transforme le site en preventorium, jusqu’à sa fermeture en 2013. Le domaine, partiellement inscrit aux Monuments Historiques en 2021, est aujourd’hui partagé entre propriété communale et privée. Son histoire reflète les mutations d’une seigneurie médiévale en un domaine résidentiel, marqué par des campagnes de travaux aux XVIIIe et XIXe siècles.

Le site conserve des traces de son passé médiéval, comme les armes des de Chiel sur une clé de voûte, et des aménagements hydrauliques dans le jardin paysager. La chapelle, malgré son état alarmant, témoigne de la piété aristocratique du XIXe siècle, avec une stéréotomie exceptionnelle. Les pavillons est, inspirés du logis mansardé, et les communs monumentaux soulignent le faste du domaine à son apogée. L’ensemble, clos de murs, offre un exemple rare de continuité architecturale entre Moyen Âge et époque moderne en Lyonnais.

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