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Domaine de Bussière-les-Nonains dans le Cher

Domaine de Bussière-les-Nonains

    61 Penserolles18360 Saint-Désiré
Propriété privée
Crédit photo : Alexjes98 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1188
Fondation de l’abbaye
1237
Conflit avec Noirlac
1530
Reconstruction post-guerre
1625
Transfert à Bourges
1758
Projet de retour avorté
2020
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, avec le jardin ordonnancé, le parc paysager et ses installations hydrauliques (bassins, fontaines et réserve), ainsi que les décors intérieurs (boiseries, dessus-de-porte peints, cheminées et tapisseries), situé sur les parcelles n° 2, 3, 47, 51, 52 et 54, figurant au cadastre section AN : inscription par arrêté du 9 mars 2020

Personnages clés

Hélion - Première abbesse Probablement liée à la maison de Culan.
Asceline - Abbesse rebelle (vers 1237) S’oppose aux moines de Noirlac.
Reine-Charlotte de Bry d’Arcy - Abbesse (1758–1790) Tente de rétablir l’abbaye à Bussière.
Jacques Serre - Propriétaire laïc (1821) Transforme le domaine en résidence privée.
Ebbes de Déols et Guiberge de Bourbon - Bienfaiteurs (XIIe siècle) Soutiennent la fondation de l’abbaye.

Origine et histoire

Le domaine de Bussière-les-Nonains est une ancienne abbaye cistercienne féminine fondée au plus tard en 1188 par les religieuses de l’Éclache, sur un territoire alors rattaché à la paroisse de Moussais (aujourd’hui Saint-Désiré, dans l’Allier). La communauté, préexistante sous le nom de Bussière, s’installe ici grâce au soutien d’Ebbes de Déols et de Guiberge de Bourbon, ainsi que des dons de la famille de Culan. L’abbaye devient rapidement un enjeu de pouvoir entre les abbayes masculines de Noirlac et féminines de l’Éclache, générant des conflits de filiation documentés par des archives remontant aux années 1180. Les moines de Noirlac tentent d’imposer leur autorité, tandis que les moniales résistent, comme en témoigne l’abbesse Asceline (vers 1237), refusant leurs injonctions.

Les bâtiments conventuels et l’église, construits au XIIIe siècle, subissent d’importants dégâts durant la guerre de Cent Ans et les inondations. Au XVIe siècle, les abbesses commendataires des familles de Moussy et de Beauquère restaurent partiellement le site, ajoutant une chapelle et une enceinte fortifiée. En 1625, la communauté se déplace à Bourges, transformant Bussière en domaine agricole. L’abbesse Reine-Charlotte de Bry d’Arcy envisage un retour en 1758 et fait construire un logement abbatial (aile du XVIIIe siècle), mais la Révolution met fin à ce projet. Le domaine est vendu comme bien national en 1791, puis acquis en 1821 par Jacques Serre, dont les descendants le transforment en résidence privée (parc à l’anglaise, chapelle, écuries).

L’architecture actuelle mêle des vestiges médiévaux (portail roman du XIIIe siècle, bénitier), des éléments Renaissance (cheminée), et des ajouts des XVIIIe, XIXe et XXe siècles (ailes d’habitation, parc paysager). Le site, toujours propriété de la famille Serre (2022), est inscrit aux Monuments Historiques depuis 2020 pour ses bâtiments, son jardin ordonnancé, et ses décors intérieurs (boiseries, tapisseries d’Aubusson, toiles anciennes). Les conflits initiaux entre Noirlac et l’Éclache, ainsi que les transformations successives, en font un témoignage rare de l’histoire cistercienne féminine et de l’évolution des domaines aristocratiques.

Parmi les abbesses marquantes, Hélion (première abbesse, probablement de la maison de Culan), Asceline (opposante aux moines de Noirlac vers 1237), et Reine-Charlotte de Bry d’Arcy (1758–1790) se distinguent. Cette dernière tente de redonner vie au site avant la sécularisation. Les familles de Moussy et de Beauquère (1492–1611) jouent aussi un rôle clé dans la reconstruction post-médiévale. Après 1791, les propriétaires laïcs (Serre, Vergnole) préservent le patrimoine en l’adaptant à des usages résidentiels, tout en conservant des éléments historiques comme les vitraux du XVIe siècle ou les tours de défense.

Le domaine illustre aussi les dynamiques régionales : fondé en Bourbonnais, il passe sous influence berrichonne après son transfert partiel à Bourges. Les vestiges de l’enceinte, les bassins hydrauliques, et les aménagements paysagers reflètent cette double identité. Aujourd’hui, le site ouvre partiellement au public, offrant un panorama de huit siècles d’histoire, du monachisme cistercien à la vie seigneuriale moderne.

Liens externes

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