Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Domaine de Charance à Gap dans les Hautes-Alpes

Domaine de Charance

    Route de l'Audet
    05000 Gap
Propriété de la commune
Domaine de Charance
Domaine de Charance
Domaine de Charance
Crédit photo : Aups - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Xe siècle
Construction du château fort
12 mai 1307
Achat par l'évêque de Gap
1569
Saccage pendant les guerres de religion
1644
Reconstruction par Arthur de Lionne
1692
Destruction par le duc de Savoie
1791
Vente comme bien national
début XVIIIe siècle
Transformation en résidence luxueuse
XIXe siècle
Aménagement du jardin à l'anglaise
1973
Acquisition par la ville de Gap
8 septembre 1987
Inscription aux Monuments Historiques
2005
Label « Jardin remarquable »
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château, des communs et des bâtiments à usage agricole ; vestiges des moulins, de la glacière, de la scierie ; jardins en terrasses devant le château y compris les murs de clôture latéraux, les murs de soutènement, les fontaines et la grotte ; parc y compris les cascades, le canal, les pièces d'eau et le garage à bateaux (cad. EH 17, 21, 23 à 26, 33, 34, 35, 39, 40, 41) : inscription par arrêté du 8 septembre 1987

Personnages clés

Gabriel de Sclaffanatis - Évêque de Gap (XVIe siècle) Rénove le château abandonné.
Arthur de Lionne - Évêque de Gap (XVIIe siècle) Reconstruit le domaine en 1644.
Jacques Marie Caritat de Condorcet - Évêque de Gap (début XVIIIe) Transforme le château en résidence.
Jean Baptiste Marie de Maillé de la Tour Landry - Évêque de Gap (début XVIIIe) Agrandit les jardins en terrasses.

Origine et histoire

Le Domaine de Charance, adossé à la montagne du même nom, surplombe Gap dont il est la propriété. Ce site alpin de 220 hectares, situé entre 1 000 et 1 852 mètres d’altitude, est dédié à la préservation de l’environnement. Il abrite le Château de Charance, ancienne résidence des évêques de Gap, un jardin en terrasses classé « Jardin remarquable », ainsi qu’un parc orné de pièces d’eau. Le domaine accueille également le siège du Parc national des Écrins et le Conservatoire botanique national alpin de Gap-Charance, faisant de ce lieu un pôle majeur pour la protection de la flore alpine et un espace prisé des habitants de la région.

L’histoire du domaine remonte au Xe siècle, lorsque les vicomtes de Gap, vassaux des comtes de Provence, y érigent un château fort muni de tours et de fossés. En 1307, l’évêque de Gap acquiert le domaine, qui reste sous son contrôle jusqu’à la Révolution française. Au XVIe siècle, le château, alors à l’abandon, est rénové par l’évêque Gabriel de Sclaffanatis, mais il est saccagé en 1569 par les protestants pendant les guerres de religion. Reconstruit par l’évêque Arthur de Lionne en 1644, il est à nouveau détruit en 1692 par le duc de Savoie lors d’un conflit avec Louis XIV. Au début du XVIIIe siècle, les évêques Jacques Marie Caritat de Condorcet et Jean Baptiste Marie de Maillé de la Tour Landry transforment le château en une résidence luxueuse et aménagent les jardins en terrasses.

À la Révolution, le château est confisqué comme bien national et vendu aux enchères en 1791. Au XIXe siècle, plusieurs propriétaires se succèdent et aménagent la partie amont du domaine en jardin à l’anglaise, créant cascades, agrandissant le lac et traçant des parcours en sous-bois. En 1973, la commune de Gap devient propriétaire du domaine et l’ouvre au public. Depuis 1987, le site est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, protégeant ses façades, jardins, parc et vestiges industriels comme les moulins et la scierie. Aujourd’hui, le domaine allie patrimoine historique, éducation environnementale et loisirs de pleine nature.

Le Château de Charance abrite les services administratifs du Parc national des Écrins et un centre de documentation sur l’environnement. Les anciennes écuries accueillent le Conservatoire botanique national alpin, dédié à la préservation des plantes sauvages menacées, ainsi qu’un écomusée agricole retraçant les activités rurales des Hautes-Alpes de 1790 à 1950. Le jardin en terrasses, s’étendant sur 9 000 m2, est classé depuis 1987 et labellisé « Jardin remarquable » en 2005. Il présente une riche biodiversité, avec des roses anciennes, des arbres fruitiers traditionnels et des plantes alpines, le tout irrigué par un réseau de canaux et de fontaines.

Le domaine comprend également des bois aménagés en jardin à l’anglaise, parcourus par le canal de Gap, ainsi que le Pic de Charance (1 825 m), offrant un panorama à 360° sur la région. Ce site, classé en Natura 2000, propose des activités comme la randonnée, le VTT ou le « kilomètre vertical », une compétition sportive. Son nom, d’origine débattue, pourrait venir du celte rin (cours d’eau) ou du franco-provençal challanche (ravin). Depuis son acquisition par la ville, le Domaine de Charance est un lieu emblématique alliant patrimoine, science et tourisme durable.

Liens externes