Frise chronologique
1072
Création de la baronnie
Création de la baronnie
1072 (≈ 1072)
Le fief de Douvres devient baronnie épiscopale.
XIIe siècle
Découverte de la statue miraculeuse
Découverte de la statue miraculeuse
XIIe siècle (≈ 1250)
Notre-Dame de la Délivrande trouvée sous Beaudouin IV.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Domaine vendu pour 50 400 livres.
1944
Dispensaire pendant la Libération
Dispensaire pendant la Libération
1944 (≈ 1944)
Soins aux blessés dans la Baronnie.
1995
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1995 (≈ 1995)
Protection du site et de ses vestiges.
2012
Fin des restaurations du Grand Logis
Fin des restaurations du Grand Logis
2012 (≈ 2012)
Ouverture aux réceptions privées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Logis, grange, vestiges de l'ancienne chapelle, porterie, enclos épiscopal avec ses murs de clôture, fosse de résurgence dite la Cuve de Douvres et le chenal qui s'en écoule (cad. A 361, 362, 364 à 367) : classement par arrêté du 30 janvier 1995
Personnages clés
| Thomas de Douvres (1er) - Archevêque d’York |
Membre influent de la famille seigneuriale. |
| Samson de Douvres - Évêque de Worcester |
Frère de Thomas, chapelain de Guillaume le Conquérant. |
| Richard de Douvres - Évêque de Bayeux (1107–1133) |
Fils de la famille, lien avec l’évêché. |
| Beaudouin IV de Reviers - Vicomte de Douvres, administrateur |
Découvreur de la statue de Notre-Dame. |
| Louis XI - Roi de France |
Séjourna à la Baronnie en pèlerinage. |
| Yvonne Paulmier - Dernière propriétaire (décédée en 1950) |
Inhumée dans le Jardin Bleu. |
Origine et histoire
Le domaine de la Baronnie de Douvres-la-Délivrande était une seigneurie dépendant de l’évêché de Bayeux, attestée dès 1072 sous le titre de baronnie. Au Moyen Âge, ce fief prospère abritait une famille proche de Guillaume le Conquérant, dont plusieurs membres devinrent archevêques d’York ou évêques de Bayeux. La découverte de la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Délivrande au XIIe siècle, sous l’administration de Beaudouin IV de Reviers, marqua un tournant spirituel pour la région. Les évêques de Bayeux utilisèrent ensuite le domaine comme résidence secondaire jusqu’à la Révolution, accueillant parfois des personnalités comme Louis XI en pèlerinage.
Les bâtiments actuels, classés Monuments Historiques en 1995, datent des XIIIe–XVe siècles et comprennent un manoir (Grand Logis), une grange, et les ruines de la chapelle Saint-Symphorien. Le Grand Logis, restauré pour retrouver son aspect médiéval, révèle des peintures murales du XIVe siècle et une structure typique des domaines anglo-normands, avec une grande salle (aula) et des chambres privées (camera). La porterie et la grange, remaniées aux XIVe–XIXe siècles, témoignent de l’évolution du site, passé d’une exploitation agricole à un bien national vendu en 1789 pour 50 400 livres.
Au XXe siècle, le domaine servit de dispensaire en 1944 pendant la Libération, avant d’être acquis par la municipalité en 1975. Les fouilles archéologiques des années 2000 ont révélé des vestiges de la grande salle détruite par un incendie, ainsi que des éléments décoratifs de la chapelle. Depuis 2012, le Grand Logis, restauré pour 1,6 million d’euros, accueille des réceptions privées. Le Jardin Bleu, créé au XXe siècle, abrite les tombes d’Yvonne Paulmier et d’Agnès Aignan, dernières propriétaires, dans un cadre minéral et végétal inspiré de la poésie persane.
L’ensemble, ceint de murs médiévales sur quatre hectares, illustre l’architecture civile normande et son lien avec l’histoire religieuse. La chapelle, détruite au XIXe siècle, n’en subsiste que des contreforts et des quadrilobes décoratifs, tandis que les écuries du XXe siècle, en cours de rénovation, complètent ce site chargé de mémoire.